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L'enterrement du sucre indigène. Image satirique - début XIX° siècle - Coll. Josselin-Vecten

Histoire de l’industrie sucrière en général :

Nous avons commencé à dresser la liste des sites Internet dédiés à ce sujet, des ouvrages consacrés à ce secteur d’activité. Nous en possédons quelques-uns, et sommes en contact avec des particuliers, des collectionneurs, pour en obtenir d’autres ou reproduire les parties qui nous intéressent. Une bibliographie est régulièrement mise à jour. Des contacts vont être pris avec la presse spécialisée, pour obtenir des autorisations d’accès à leurs archives, faire paraître des annonces, demander leur aide.




En 2015, nous possédons 1200 fiches environ, concernant les établissements sucriers de métropole, en majorité d'avant 1869. Ces fiches sont encore souvent sommaires avec même parfois une seule date d'existence. Les annuaires sucriers ont commencé à être dépouillés de 1869 à 1890. Madame Penna a effectué ce travail sur les AS au SNFS mais a dû cesser pour cause de changement d'emploi. Le travail a été repris avec ténacité par notre collaborateur Jocelyn Seigneurbieux. Qu'il soit remercié ici.

La saga BEGHIN - SAY

Les "SAY"

Protestants cévenols, les Say émigrent à Nîmes, à Amsterdam (1687), à Genève (1694) et s’installent à Lyon durant la seconde moitié du dix-huitième siècle. Issu d'une famille travaillant dans le textile, Louis SAY - après la crise cotonnière de 1813 - se fait recommander par Benjamin Delessert auprès de son cousin Armand possédant une raffinerie de sucre de canne à Nantes. Gérant, associé, puis seul dirigeant,  il créé la société "Louis SAY et Cie". En 1832, il fonde à Ivry sur Seine"La nouvelle raffinerie de la Jamaïque". (Exclue de la raffinerie de Nantes, la famille SAY en ouvrira une autre à Nantes en 1934 après la faillite de leurs successeurs). Son fils Constant disparait en 1871 et son petit-fils Henry étant mineur, est créée la SA Constant SAY.

Henry se marie, désapprouvé par sa famille, et délègue en général ses pouvoirs à Ernest CRONIER. Ensemble, ils acquièrent l'usine de Sarrebourse d'Audeville et Cie, puis Delori, le fleuron de l'époque qui avait racheté l'usine de Pont d'Ardres (fondée en 1873) en 1887, puis Saint Just en chaussée en 1900, Estrées Blanche dans le Pas de Calais, enfin Abbeville, Coulommiers et Neuilly Saint Front en 1904. Mais Ernest Cronier se suicide en 1905 après avoir spéculé sur les valeurs de la société et celle-ci doit se restructurer. Après la guerre de 1914/1918, subsistent essentiellement Abbeville et Pont d'Ardres ; s'y ajoutent Sermaize en 1920, Châlons sur Marne construite en 1959 et Attigny dans les Ardennes en 1967.

Les "BEGHIN"

L'aventure Beghin commence en 1839. Un certain Joseph Coget avait fondé la sucrerie de Thumeries (Nord) dans sa ferme en 1824, modernisée par une machine à vapeur en 1836. Antoine Beghin épouse la fille de Coget en 1839 (deux frères par ailleurs) et succède à son beau-père après le décès de celui-ci. Leur fils Ferdinand né en 1840 développe Thumeries de 1871 à sa mort en 1895. Les deux fils de Ferdinand créé en 1898 une raffinerie et une société en nom collectif Ferdinand Beghin. Cette société s'agrandira avec Corbehem (Nord), première sucrerie européenne en 1919, la sucrerie centrale d'Arras ou Boiry Sainte Rectitude (Pas de Calais) en 1930.

Escaudoeuvres (Nord) fondée par Linard en 1872 est prise en contrôle dès 1972, puis en location-gérance sous le nom de Sucrerie Centrale de Cambrai en 1986. Curieusement, les annuaires sucriers ne signalent cette reprise qu'en 1977... En 1967, la société Beghin prend le contrôle de la société SAY mais la fusion totale BEGHIN-SAY date de 1972. En 1986, Beghin-Say est repris par l'italien Ferruzzi qui rejoint en 1992 le groupe Eridiana. Il est mis en vente en 2002.

Sources : Frédéric Reychler (La sucrerie d'Ardres) Beghin-Say (documentation) La Sucrerie Française n° 97  Les annuaires sucriers.

 

Autre source, autre thème : article de Fabien Gandrille dans Généalogie magazine. Hors série. N° 291-292. Page 21.

Les "Sommier et Lebaudy"

Fils d’un boulanger, Pierre Sommier (1803-1867) crée une sucrerie à La Villette. Son fils Alfred épouse la fille du Baron de Barante et achète en 1875 Vaux-le-Vicomte, ancien château des ducs de Choiseul-Praslin à la restauration duquel il consacre des sommes  558 000 francs or).




Le domaine appartient aujourd’hui à son descendant Patrice de Voguë. Il dynamise les sucres Sommier qui deviennent leader du marché et rachèteront en 1929 la sucrerie Lebaudy lancée par le fils d’un paysan normand, Jean Lebaudy (1775-1847), dont la descendance subsiste.

La famille Bernard

Propriétaire d’une raffinerie implantée à Lille depuis Louis XIV, la famille Bernard ne peut plus s’approvisionner en sucre de canne lors du blocus continental de 1806 et doit alors se lancer dans le traitement de la betterave.



Elle achète un château à Santes, alors dans la campagne lilloise et y édifie une sucrerie. Les Bernard restent maires de Santes de 1843 à 1944. La sucrerie raffinerie Bernard est fermée en 1962 et démolie en 1975, mais la famille demeure nombreuse et bien alliée...
   

La famille Linard

Désiré Linard, né à 19 octobre 1839 à Givet (Ardennes) et décédé le 30 avril 1898 à Rethel (Ardennes), est un industriel et un homme politique français. Son rôle a été déterminant dans le développement de l'industrie du sucre, et dans les relations entre cette industrie et les agriculteurs. Il a été aussi maire, député et sénateur des Ardennes, pesant pour l'instauration et le maintien d'un régime républicain à un moment décisif de l'histoire de la Troisième République.

D’origine modeste, issu pour la branche paternelle de la province de Namur où son grand-père était charretier, son père est venu trouver du travail à Fromelennes comme fondeur de cuivre. Sa mère était fille d’un instituteur d’Houldizy. Sa famille était installée sur l’écart de Ripelle, entre Givet et Fromelennes.

Il entre à l'École des arts et métiers de Châlons-sur-Marne, et en sort en 1859. Il travaille sous la direction de son frère Jules dans l'entreprise Cail, comme dessinateur puis comme ingénieur. Ils interviennent notamment pour l’industrie betteravière encore naissante.

À 22 ans, il s'établit fabricant de sucre à Saint-Germainmont, avec deux de ses frères, Jules, à nouveau, et Fulgence. C’est la société « Linard Frères & Cie ». Ils ajoutent ensuite à cette première sucrerie celle d'Ecly dans le même département puis d’autres. Ils doivent aussi acquérir des fermes pour assurer l’alimentation de ces usines.

 

En 1874, Désiré Linard crée la râperie de Villers-devant-le-Thour. Le principe déjà mis en pratique par son frère Jules dans l’Aisne est de râper les betteraves à proximité des champs, de les presser et d’envoyer le jus par canalisation vers la sucrerie la plus proche, ici Saint-Germainmont.

Candidat aux élections générales de 1889 dans la circonscription de Rethel, il conserve son siège. Il participe notamment, au sein de l'Assemblée, à la commission du travail, qui le charge du rapport sur le projet relatif à l'hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels. Il est aussi l'auteur de plusieurs textes et notamment d'une proposition de loi, contresignée par plusieurs de ses collègues, instituant l'impôt sur le capital.

Il devient également maire de Saint-Germainmont, une commune qui bénéficie fortement de l’activité industrielle qu’il y a créée, par les emplois induits. Le développement de l'industrie betteravière et le dynamisme des frères Linard a généré un débouché nouveau pour les agriculteurs de l’Aisne et des Ardennes.

Une élection partielle provoquée dans son département des Ardennes par un décès lui permet de se présenter au Sénat, où il est élu le 6 février 1898. Toutefois, contraint par son état de santé à une activité réduite, il siège peu à la Haute Assemblée. Il décède quelques mois après son élection au Sénat.

 

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