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FERMES et TERRES

L’intérêt des sucreries était d’exploiter – en propriété ou en location- le maximum de terres pour s’assurer un contingent de betteraves de qualité certaine et d’éviter les âpres négociations avec les planteurs privés. Ces sucreries avaient également besoin de bêtes de trait et de la possibilité de les entretenir.
Lors de sa fondation en 1829, la sucrerie de Francières bénéficiait des terres de Thirial, celles de sa ferme de Francières et celles de son fermage de la ferme de Fresnel .


Pierre Desjardins - Fresnel 1942 Collection J. Flamant

Sous M. DRUELLE, la recherche de nouveaux producteurs (et la fidélisation des fournisseurs habituels face à la surenchère des autres sucreries) s’accompagne d’acquisition de nouvelles terres ou de fermages. S’il fallait 750 hectares assurés en 1893, il en fallait déjà 800 en 1898.
Un contrat fut signé en 1893 à Emeville près de Villers-Cotterets. La même année, le fermage de la ferme de Fresnel est renouvelé, et en 1904 sera définitivement cédé à M. DRUELLE. De 1900 à 1930 (achat définitif), les CHEVALIER donneront aussi en location l’ancienne ferme THIRIAL. En 1896, la société reprend la ferme de Bretonsacq et ses 80 hectares ; en 1897 56 hectares sont loués à Rouvillers. Quatre-vingt-cinq hectares de la ferme de Granvillers-aux-Bois
sont loués à Charles Pélissier et Hyacinthe Chevalier, liés à la sucrerie, qui les reprend directement en 1902.

En 1859, lors de la mise en vente après la faillite de Crespel-Dellisse, le notaire comptabilise environ 3 ha de terres en propriété dans les environs immédiats et 64 ha en fermage.
Entre 1858 et 1860, Crespel ou ses les liquidateurs ont cédé les baux ou les propriétés (on ne sait) des fermes de Montmartin, Warnawillers et de l’Ermitage à Rémy.( NB : celle-ci contenait une briquetterie qui a sûrement servi aux agrandissements de Crespel).
Sous Bachoux, il ne semble y avoir eu que des locations de terres diverses et la poursuite du bail de la ferme de Fresnel.
Lors de la constitution de la SDF en 1884, aucune ferme n’est mentionnée. Outre le bail de Fresnel, il existe de multiples beaux de terres et sans doute
de la moitié Sud de la ferme Thirial (séparée en deux par ses descendants).
En 1885, la SDF possède 12 ha de terres et en loue une centaine « espérant arriver aux 350 ha nécessaires à la production ».


CP - Editeur Bourson - La ferme Chevalier à Francières. Collection Jean Pierre Bricout.

En 1887, elle en possède 121 et en a 316 sous contrat.
En 1893, les surfaces exploitées atteignent 750 ha dont 137 à Fresnel.
On va jusqu’à louer des terres à Eméville (près de Villers-Cotteret), désormais accessibles par chemins de fer.
En 1895, on reprend la ferme de Grandvillers, 240 ha et celle de Bretonsacq de 80 ha ainsi qu’une partie de la ferme de Warnavillers.
En 1898, les surfaces emblavées en betteraves s’élèvent à 812 ha dont 193 en propriété.
En 1900-1903, on ne cite plus que deux fermes, Fresnel et Bretonsacq .
En 1905, la ferme Monnet de Francières passe un accord avec la SDF.
En 1907, c’est l’acquisition de terres de la ferme du Pré, entre Moyenneville et Neufvy. Deux ans plus tard, on reprend les beaux de la ferme voisine Guerin, de 125 ha.
Dans ce domaine, Gaston BENOIT fit aussi oeuvre de continuité par rapport à son prédécesseur.
La ferme du Pré à Neufvy sur Aronde (183 hectares) est louée en 1907 pour un fermage de 76 francs l'hectare. L'année suivante, les fermes de la société fournissent plus de 27 % des betteraves traitées par la fabrique.
Ces fermes, il faut le noter, obtiennent des rendements très largement supérieurs à ceux des cultivateurs liés par contrat à la sucrerie : 33 860 kilogrammes à l'hectare à Fresnel et 29 500 à Bretonsacq et à la ferme du Pré contre 23 530 ailleurs.
1914 : le Conseil d’Administration cite quatre fermes : Fresnel, Bretonsacq, Grandvillers, Le Pré.

En 1919, on loue les fermes Carpentier et Loreau à Moyvillers et on agrandit les beaux à Neufvy.
Les fermes citées en 1920 sont Fresnel, Grandvillers, le Pré, Moyvillers .
L’année suivante, ce sera la reprise de 305 ha à Beaupuits-Grandvillers et de 175 ha « près de Francières ».

En 1921, le CA estime que, « quelles qu’en soient la forme, il faut reprendre toutes les exploitations dans un rayon de 5 km. Et lors de l’AG, il énumère  quatre fermes :
- Fresnel avec ses bâtiments, Grandvillers avec ses bâtiments, Le Pré sans immeubles, Moyvillers avec ses bâtiments, Bretonsacq avec un bâtiment et Beaupuit sans immeubles.
Le total des surfaces est de 1488 ha « et on cesse d’être à la discrétion des cultivateurs fournisseurs ».

En 1923, après quelques petites acquisitions, la SDF acquiert le corps de ferme du Pré, qui devient la ferme préférée de Mme Benoît.
En 1925 46 ha sont rachetés à Grandvillers aux hospices de Clermont et on ne cite plus que cinq fermes, Bretonsacq ayant disparu.
En 1926, l’usine rachète la ferme de Cressonsacq et ses 72 ha. Elle atteint en possession directe, 415 ha (plus les corps de ferme de Cressonsacq et du Pré, et 52 logements ouvriers) .
L’année suivante, la ferme Monnet de Francières et ses 120 ha sont pris à bail.

En 1929, 45 ha de Mlle Pracquin sont repris dans la région.
1933 : six fermes sont énumérées, Fresnel, Grandvillers, le Pré, Moyvillers,
Beaupuits et la moitié de la ferme de Francières.
En 1935, la sucrerie rachète 27 ha à Warnavillers .
De 1936 à la fin de la dernière guerre, ne figurent dans les rapports que des opérations de détail ou d’échanges.
En 1942, la ferme du Bout du Bois à Neufvy (ancien prieuré fortifié et qui sera revendue avant la fermeture) est achetée et on énonce 2000 ha cultivés dont 600 en propriété.

Plus grand-chose ne se passera jusqu’à la fermeture de 1969, dont 35 ha achetés en 1952, 13 en 1959 et des petites surfaces cédées pour l’élargissement de la N 31 ou la construction de l’autoroute. Les bâtiments de la ferme de Grandvillers et ceux de la ferme Farge sont revendus en 1960 et 1966.


Le personnel des fermes en juillet 1937. Collection Jean Pierre Bricout.