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Les faits marquants

Les faits marquants de son histoire : périodes de guerre, crises, apogée.

La guerre de 1870 s’abat sur notre département en septembre et l’occupation se maintient dans notre région jusque septembre 1871, marquée par de fortes contributions sur lesquelles nous n’avons pas de renseignement. Par contre, et contrairement à la grande guerre, les Prussiens respectèrent les cultures de betteraves et les sucreries.

La période 1873 – 1875 fut mauvaise. Si Francières ne fut pas concerné par l’échec des râperies devenues trop nombreuses et onéreuses ; les charrois se multiplièrent autour de notre usine et sous la direction de M. Gallois – par ailleurs, entré au conseil municipal en 1874 – les conflits avec la mairie, à cause de la détérioration des voies et chemins, se multiplièrent et donnèrent lieu à de multiples indemnisations.

Dès 1873, les planteurs se rebellent contre les sucreries dans toutes les régions (soi-disant à cause de l’épuisement des sols causé par ce type de culture, des travaux pénibles requérant un surplus de main-d’oeuvre et du prix des semences).
Ils se réorientent vers d’autres types de culture ou orientent leur production betteravière vers les distilleries. Francières est relativement épargné grâce à sa propre production de betteraves.

La grande dépression économique de 1873/1875 se trouve aggravée par des problèmes climatiques et par la concurrence allemande et austro-hongroise. A partir de 1876/1878, les conflits avec les planteurs se calmeront.

Il faut attendre la période 1887/1891 pour voir le contexte agricole s’améliorer. Les cultivateurs commencent «à suivre », avec les labours et binages profonds, l’apport d’azote et de phosphates. On commence à utiliser les graines françaises (Gorain est médaillé en 1886 et 1894).

Mais surtout, les planteurs réalisent que la culture de la betterave supprime les jachères et que la restitution des pulpes leur permet d’élever du bétail ; lequel sera, en plus, producteur de fumier.


Enfin, le procédé STEPHANREMECKERS apparaît (cossettes riches desséchées).
Mais malgré ce contexte favorable, aucun dividende n’est versé en 1885, 1886 et 1887. Cette année là, le solde des bénéfices (69 890 francs) est entièrement porté au compte «profits et pertes» pour atténuer le solde débiteur antérieur. Cependant de gros aménagements sont effectués. Le rapport du commissaire aux comptes présenté lors de l’assemblée générale des actionnaires le 22 décembre 1888 reconnaît : «Vos usines sont bien entretenues et les importantes dépenses et améliorations qui y ont été faites depuis plusieurs années ont eu pour résultat
de les mettre en possession d’un bon outillage à la hauteur des progrès qu’a fait l’industrie de la sucrerie et de la distillerie».

Il chiffre alors à 203 631 francs 59 les travaux de réfection et d’amélioration effectués depuis trois ans. Mais le contexte général reste préoccupant.

En 1899, la production mondiale de sucre est représentée à 60 % par le sucre de betteraves (qui rechutera après 1912). L’année 1890 est marquée par des conditions météorologiques catastrophiques et celle de 1891 par une nouvelle récession économique.



La "Grande Guerre" :

Monsieur Gaston BENOIT, directeur de l'usine ayant été fait prisonnier dès le 2 septembre 1914, c'est son épouse, âgée de trente quatre ans, qui décide de reprendre la direction de l'usine malgré son inexpérience... et son appartenance au sexe féminin. Faisant preuve d'une énergie indomptable, elle se révélera une femme d'affaires avisée, même dans les pires difficultés.

Il fallut faire face d'abord au départ des ouvriers mobilisés et aux réquisitions de matériel, qui compliquaient la gestion des 900 hectares de culture dépendant de l'usine. Durant toute la guerre, la chasse à la main d'oeuvre et la recherche de l'indispensable charbon et autres produits de base sera la préoccupation majeure. Dès le 31 août, l'avance allemande provoque l'évacuation de la population locale.

Le 17 octobre, quand Madame BENOIT peut enfin rentrer, elle découvre l'usine et son logement pillés et saccagés par les troupes allemandes et françaises. De plus, et jusqu'à la fin du conflit, une grande partie de la fabrique sera occupée par l'armée et ses différents services et il faudra composer avec, ainsi qu'avec le couvre-feu.
La sucrerie ne dispose que de 17 chevaux et 54 boeufs ayant échappé à la réquisition de la mobilisation.
Toutes les terres de la société seront occupées par les dépôts de matériel, par les tranchées, les voies Decauville, les batteries faisant feu sur un ennemi proche, un terrain d'aviation et défoncées par la circulation des troupes à l'entraînement.
Exemple de ces difficultés quotidiennes : jusqu'au repli allemand de mars 1917, aucune des personnes liées à l'usine, en zone des armées, ne pouvait franchir le passage à niveau pour se rendre à Estrées St Denis. Par contre, les bombardements terrestres ou aériens ne causèrent que des dégâts relativement peu importants aux installations, mais il fallait souvent travailler sous les obus.

Malgré tout et grâce à l'énergie déployée par Mme BENOIT, le 12 novembre 1914, l'entreprise était remise en marche. Les moissons et la fabrication du sucre se poursuivront durant toute la guerre, jusqu'à la fin de la campagne en janvier 1918.
En mars 1918 survint la dernière offensive allemande qui amènera en juin une patrouille allemande aux murs de la sucrerie. Le 9 juin débuta le deuxième exode de la population. Du 20 juillet au 4 août, l'armée a procédé au démontage de l'usine.

A la mi-août, Madame BENOIT peut rentrer, seule, à Francières et découvre les toits crevés, les fenêtres éventrées, tout le paysage avoisinant bouleversé par les combats et les tombes des soldats morts. Elle réussit malgré tout à faire la moisson en septembre, dans les zones où cela est possible. En novembre, elle est avertie que le matériel va être réexpédié. Il arrivera après l'armistice du 11 novembre, avec le retour de son mari.


Malgré ces circonstances défavorables, 13 465 tonnes de betteraves furent traitées durant la campagne 1915/1916 et 16 807 durant celle de 1916/1917. La campagne de 1918/1919 sera plus difficile. Four à chaux et grande cheminée atteints ont été facilement réparés, par contre, le petit matériel a disparu en masse et la ferme du Pré a été ravagée. L'usine, dans cette première campagne d'après-guerre a enregistré 88 379 francs de pertes mais grâce à la partie agricole
l'exercice global a été bénéficiaire de 118.844 francs. Les dommages de guerre, d'abord fixés à 150.661 francs furent réévalués en 1920 à 1.297 000 francs.
Durant tout cette guerre, et dans les zones qu'ils occupaient, les Allemands - contrairement à 1870 - emportèrent matières premières, matériels et produits fabriqués, interdisant même aux agriculteurs de planter des betteraves. A la fin du conflit, il ne subsistait plus que huit sucreries dans l'Oise, sur les vingt répertoriées en 1914.
Les cinquante et une de l'Aisne sont détruites et celles de la Somme, proches de Francières, gravement endommagées ou détruites comme celle de Roye.

Les usines rescapées de l'Oise vont donc jouer un rôle prépondérant dans la période qui va suivre.



L'Après-Guerre de 14 :

Deux lois vont ensuite changer la donne commerciale et économique. Celle du 6 août 1917 créant l'Office de Reconstruction Industrielle profitera à Francières par le désobusage, le comblement des tranchées, etc. effectué par des prisonniers allemands.
Par contre, celle du 17 avril 1919 visant à la réparation intégrale des dégâts matériels, favorisera -elle- les sucreries entièrement détruites, rebâties en plus grand, modernisées et donc plus fonctionnelles.
Malgré tout, la période 1920/1945 marquera l'apogée de la fabrique avec des investissements dans tous les domaines, facilités par l'inflation de la monnaie.
Monsieur BENOIT reprit alors la direction de l'usine, sa femme s'occupant des enfants et des familles du personnel. Ils seront aidés à partir de 1930 par un de leurs gendres, Monsieur Jean VALETTE, ingénieur chimiste, promu sous-directeur, puis administrateur directeur, quand Monsieur BENOIT deviendra Président Directeur Général de la SDF.
Cette période sera également conditionnée par les circonstances extérieures. La confédération générale des planteurs de betteraves est créée en 1921. Cette année là, il reste 80 fabriques françaises en activité.
Chiffre à rapprocher aux 232 de 1914 !

La reconstruction fera remonter le chiffre, mais seulement à 108, car le phénomène de concentration industriel a déjà commencé. En 1922/1923 l'Etat lance une campagne de promotion des alcools industriels "Le carburant national".
En 1931, l'excédent mondial est de quatre millions de tonnes de betteraves, entraînant une chute des cours. Celle-ci provoque la réunion d'une deuxième convention internationale, qui échoue.
Le France met alors en place un système de contingent par usine et de répartition entre planteurs.

1935 voit l'apparition d'une nouvelle variété de betterave à 36 chromosomes au lieu de 18 et en 1937, un accord international est trouvé sur la question du sucre. La production sucrière française s'élèvera à 1 030 000 tonnes en 1939.



La période 1939 - 1945

Depuis quelques années, le pays se préparait à une guerre (occupation de la Rhénanie en 1936, celui de la Tchécoslovaquie, accords de Munich en 1938, la guerre d'Espagne) et des mobilisations partielles comme celle de 1938, commencaient à perturber le fonctionnement de l'usine. L'annonce de la mobilisation générale du 1er septembre 1939, précédant la proclamation de guerre du 3 du même mois, va précipiter les évènements :
- Départ des mobilisés, remplacés vaille que vaille par des femmes et des enfants interrompant leurs études, réquisitions de véhicules, prescriptions de la défense passive, premières restrictions en attendant pire. Mais le travail s'effectuera à peu près normalement, jusqu'à l'offensive allemande du mai 1940.
- Le 21 mai, une première évacuation a lieu, mais l'avancement des troupes allemandes étant provisoirement stoppée, les habitants reviennent chez eux.
- Le 6 juin, et en catastrophe, deuxième évacuation concernant la presque totalité de la population. Lors de la première évacuation, les archives de la sucrerie de Francières ont été transférées dans l'ouest, le stock de sucre et les graines de betteraves évacués vers l'Auvergne.
La deuxième fois, la direction s'est chargée de procurer tous les moyens possibles au personnel et à leur famille :
charettes à chevaux, camions non réquisitionnés, et même l'autopompe, pour les transporter en Seine et Marne ou par Chartres, vers Angers ou la Dordogne. Après leur départ, les combats font rage à l'ouest de la nationale 17.
Un obus français a détruit la chambre des Benoit, deux obus allemands ont traversé la salle de billard, un autre a éclaté au pied de la cheminée. Un hangar est incendié, avec le blé qu'il contenait, ainsi qu'un tracteur et une batteuse. La sucrerie est occupée, comme le village entre le 10 et le 12 juin.

Militaires, pillards des deux camps, et civils français ont cassé ou emporté du petit matériel. Tout est dévasté. La famille Benoit était réfugiée à Bergerac. Madame Benoit revient à Francières le 28 juillet, plusieurs mois avant son mari. Les Allemands occupent toute l'usine, les bureaux et la maison patronale. Des meubles sont sur le trottoir, le mobilier du salon dans le jardin.

La famille Benoit devra aller habiter dans une des fermes jusqu'à ce que la Kommandantur de Compiègne ne fasse libérer deux pièces par les services d'intendance, qui les occupaient. Jusque fin août, des prisonniers français de Royallieu sont amenés tous les jours à l'usine, en plus d'une trentaine logée sur place, avant le départ pour l'Allemagne. Huit d'entre eux pourront s'évader, grâce aux faux papiers fournis par le curé du village, l'abbé Le Pévédic qui dès ce moment, constitue un premier noyau de résistance.


Mais la vie va se réorganiser. Le 29 août, le catéchisme est rouvert à l'usine et le 3 septembre la première messe y est dite. La direction de la sucrerie va s'occuper des familles de prisonniers, en leur fournissant une aide alimentaire et organiser l'envoi de colis aux prisonniers eux-mêmes. Elle va devoir négocier, avec les autorités allemandes et de Vichy, l'obtention de matières premières pour faire "tourner" l'usine. Laquelle devra fournir aux occupants, du sucre et des produits agricoles.
Elle va surtout rencontrer des problèmes de main-d'oeuvre. Remplacement des prisonniers au début, problème du S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) épargnant jusqu'en 1944 les ouvriers agricoles. En l'absence du matériel détruit ou réquisitionné, il faut travailler les champs "à la main". Il ne reste que deux camions Berliet, fontionnant au gazogène, ce qui mobilise certains ouvriers pour la fabrication du charbon de bois.
Mais cela permet d'affecter des ouvriers aux tâches agricoles, et ainsi de leur éviter le S.T.O. pendant l'intercampagne et d'en recruter de nouveaux, pour la même raison.
Dès 1943, pour procurer une activité à des jeunes des classes 42/43 et leur éviter de partir au STO, Monsieur Valette et Monsieur Benoit mettent en place un bureau "Bedeau" à la sucrerie.
Cette organisme, créé dans les années 30, avait pour but officiel d'améliorer la productivité dans les entreprises, en s'inspirant des techniques du russe Stakhanov (ou du taylorisme ?). C'est grâce à ce subterfuge, que des jeunes seront envoyés dans les fermes pour "décomposer" en tâches élémentaires le travail des ouvriers et améliorer les rendements.
(In : La sucrerie de Francières - Mémoires).
Durant toute la période de l'occupation allemande, les hivers ont été particulièrement rudes, les contrôles permanents, et le couvre feu a considérablement gêné le travail des ouvriers.
A partir de 1943, les alertes aériennes vont se multiplier et vont obliger - jour et nuit - les ouvriers et leurs familles à se précipiter dans les abris prévus, à l'appel de la sirène. Surtout à partir du mois de juin 1944. Le phénomène s'intensifiant jusqu'à la Libération. La moisson se fera sous les mitraillages. Le téléphone est coupé en juillet.

L'usine, malgré les craintes, n'est pas particulièrement concernée, les attaques aériennes visent la gare d'Estrées-Saint- Denis proche, la voie ferrée, les convois et véhicules sur la RN 17. Les sabotages agricoles se multiplient, durant cette période : moissons incendiées, matériel agricole ou de battage détruit.

Le groupe de l'abbé Le Pévédic n'est pas impliqué.

Si de nombreuses bombes sont tombées aux alentours, l'usine elle-même fut épargnée et on n'y trouvera à profusion que des douilles tombées des avions et des éclats d'obus. Lors de leur reflux, plus ou moins en désordre à la fin août 1944, les Allemands ont encore "réquisitionné", sucre, gas-oil, huile, outillage, etc... et même un camion survivant de 1918.

C'est le premier septembre 1944 que la première "jeep" américaine s'arrête devant l'usine.

Si en 39/40, campagne record, la fabrique a traité 55 150 tonnes de betteraves, ce chiffre est tombé les années suivantes à 26 569 (40/41) 28 627 (41/42) 28 360 (42/43). Pas de chiffre pour 1943 /1944.



L'après-guerre :

La remise en route sera difficile. Le ravitaillement en matières premières, dont le charbon, ainsi que le ravitaillement tout court, le rétablissement des voies de communication, seront long à venir. Epuration et climat politique vont contribuer à troubler les esprits. Les prisonniers de guerre ne rentreront qu'au printemps 1945, ainsi que les rares S.T.O.

Jusqu'à la fin 48, des prisonniers allemands seront mis à la disposition de la sucrerie, logés sur place ou près du passage à niveau d'Estrées Saint Denis. Quelques uns d'entre eux resteront ensuite, comme "travailleurs libres".
Les salaires stagnent et l'inflation galope. C'est alors que le paternalisme spontané va disparaître, les relations passant désormais par des intermédaires syndicaux. La plupart des avantages en nature (viande, blé, lait, etc.) sont diminués, voire supprimés.

Malgré les menaces de grève, la moisson 1945 aura lieu. Mais le ministère n'autorise la réouverture que de certaines usines.
C'est seulement le 26 octobre 1947, que le four à chaux sera rallumé et que l'usine recommencera à tourner.

En avril 1945, le maire du village pendant l'Occupation, ne se représente pas. Durant deux années, la politique locale devient à la fois "anti-cléricale" et "anti-Benoit". Monsieur Benoit ne s'occupe plus que du conseil paroissial et des anciens combattants du canton.
Il décéde le 05 juillet 1947, au moment où l'usine est autorisée à retravailler.

La direction de l'usine est reprise par Jean Valette, son gendre. En octobre 1947, celui ci est élu maire et Madame Benoit, non candidate à ce poste, devient simple conseillère municipale.
Malheureusement, Jean Valette décède en décembre 1951. Madame Benoit, âgée de soixante-douze ans, reprend la direction de la Société, avec l'aide de l'épouse de Jean Valette et d'une autre fille, Françoise.

Parallèlement, elle est élue maire, à l'occasion d'élections complémentaires en 1952, mandat renouvelé lors des élections de 1953.
Elle le restera jusqu'en 1965.

Accidents et incidents survenus à la Sucrerie de Francières

Accidents du travail :
Très peu apparaissent dans les rapports du conseil d'administration.
- Rappelons celui du 31 octobre 1862, survenu avant la création de la SDF : la mort de Joseph Dessain, âgé de 14 ans et étranglé par ses vêtements, sans doute pris dans une courroie.

- Le 15 novembre 1902, un surveillant de culture a deux doigts de la main droite pris dans une machine à battre. La compagnie d'assurances lui offre 2000 francs qu'il refuse et en réclame 6000. Il touchera au final 3 300 francs.

- Dans le livre rédigé par Madame Benoît, on apprend que le 2 décembre 1915, un soldat au repos à l'arrière, Paul Rohart, dont la famille était en zone envahie et qui participait volontairement au travail de la sucrerie, est mort écrasé entre deux wagons.

- Quant au gros accident par explosion de décembre 1928, entraînant la mort du contremaître Guerre et plusieurs blessés, le C.A. du 12 décembre 1928 ne précise pas les circonstances et présente ses condoléances à la famille.

C'est aux Archives Départementales et dans les rapports des inspecteurs du travail qu'on trouve de nombreuses pages impliquant la responsabilité de la SDF et de l'un des blessés. La SDF s'en tirera bien.
Incidents divers :
- Moniteur de l’Oise du 28 février 1858 : "un enfant de trois ans et demi, fils du sieur Hottin Jean Baptiste, employé à la fabrique de sucre de Francières, fait une chute et expire une heure après. S’était déjà perdu et fut retrouvé après 30 heures de recherches à l’époque où son père était instituteur à Hémévillers".
- Le 10 décembre 1885, il est signalé que la campagne est retardée de huit jours, après un accident à la pompe.
- Le 25 janvier 1886, deux citernes de la purgerie remplies de mélasse en cristallisation s'enflamment (1195 HL pour 70 000 francs). L'assurance refuse de couvrir les dégâts car le réchauffement est produit par la gargouille de l'un des générateurs longeant les citernes. Bachoux assigne la compagnie d'assurances des fabriques de sucre en référé. L'expertise étant défavorable, Bachoux stoppe la procédure et fait reconstruire les purgeries pour 26 000 francs. En juillet 1886, suite à une expertise, il faut reconstruire les purgeries et procéder à l'épuration des eaux.
- En 1888, on construit de nouveaux hangars, pour abriter de nouveaux amplis. Cette année-là, on a perdu 1000 sacs en raison de l'échauffement du deuxième jet.
- En janvier 1889, un incendie s'est produit à la base du four à chaux (dégâts mal remboursés car l'usine était assurée à une valeur inférieure). On doit aussi réparer la distillerie (citernes à mélasse et achat d'un four Poiron). Les générateurs se révèlent insuffisants (150 kg de charbon consommés pour une tonne de sucre au lieu de 110 à 125).
- En 1890, on refait un nouveau magasin à sucre (contenant 1 500 sacs comme l'ancien) au-dessus de la purgerie, ce qui en assainit le plafond.
- Septembre 1899 : un ouragan enlève le toit du hangar à coke-pierres qui venait d'être construit et en novembre, un éboulement se produit dans l'usine même, par effondrement d'un puits de 2,30 mètres de diamètre, qu'on comble avec plusieurs tombereaux de terre et un étançonnage. Il faudra explorer l'état du sous-sol avant la campagne.
- Le 12 avril 1902, la bouverie est détruite par un incendie. 25 boeufs et 4 chevaux y périssent.
- Le 29 avril 1926 au soir, un incendie ravage l'usine. Une partie des bâtiments de l'aile droite, le laboratoire, les magasins voisins et la toiture sont détruits. Personnel et voisins ont limité la progression du feu. Les travaux de réparation seront terminés en octobre.
- Outre les dégâts dus à la guerre, un autre incendie de cause inconnue ravage la "sécherie" de Moyvillers un soir de juin
1941. L'usine de produits mélassés est concernée, mais pas l'atelier de triage des semences ni les magasins.
- En juillet 1947, Moyvillers s'embrase à nouveau. On fait fabriquer la paille mélassée par un confrère et l'usine est reconstruite en un an.
- En 1952, on signale l'incendie d'un bâtiment de la ferme de Francières et en juillet 1959, survient un éboulement dans le sous-sol de la sucrerie, nécessitant d'importants travaux de consolidation.

Aucun autre incident grave n'est signalé dans les registres jusqu'à la fermeture de 1969.


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