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Evolution architecturale

Le plan du 26 mai 1829 (voir reproduction ci-dessus) accompagnant cette demande d'autorisation mentionne non seulement l'emprise de l'usine sur le secteur et sa distance par rapport aux habitations, mais fait apparaître trois constructions qui correspondent parfaitement à celles que l'on peut observer aujourd'hui, à savoir :
- La grande halle de fabrication de forme rectangulaire mesurant 73 x 9 mètres.
- Les deux pavillons d'entrée (6 x 4 mètres) de part et d'autre du portail donnant accès à la cour, actuellement appelée cour d'honneur. La fabrique se trouve réglementairement à 50 mètres de la route, l'atelier de production (aujourd'hui inclus dans les bâtiments ultérieurs)
est élevé en briques pleines et présente une façade rythmée par deux niveaux de grandes fenêtres en plein cintre, un rez de chaussée avec surélévation, un étage et des combles aménagés.
Le tout couvert en ardoises. L'extrémité nord était le logement patronal. Le bâtiment principal abritait les deux chaudières alimentant la machine à vapeur.
Aux extrémités des deux petits côtés, deux chambres au-dessus du local de la chaudière, soutenues par des voûtes. L'une d'elles est l'habitation du chauffeur, l'autre est un atelier.
Le rapport de l'ingénieur des mines, daté de février 1830 décrit le local des chaudières qui alimentent la machine à vapeur. Ce local : "profondément encaissé dans le sol, est formé de deux grands et de deux petits côtés. L'un des grands côtés regarde le champ, le second est contigu aux ateliers antérieurs"


Plan1

Cette description montre de fortes analogies avec les locaux figurés sur le plan des générateurs de la sucrerie établi en 1854 à l'appui de la demande formulée par l'industriel CRESPEL DELISSE.
A ces locaux, sur le plan, sont certes adjoints des ateliers, mais la partie renfermant les générateurs, adossée à la grande halle, correspond certainement à celle du premier local de 1830.
La cheminée est installée au coeur des bâtiments adossés à la grande halle. Ce n'est donc pas celle que l'on connaît dans la cour et qui date de la période 1859 / 1861.
D'après les travaux réalisés en 2001, elle devait être située sur le côté est de la grande halle, au 1/3 nord de celle-ci.
Jusqu'à la fin du XIX° siècle, c'est par le portail entre les deux pavillons d'entrée que pénétraient les tombereaux chargés de betteraves.


En 2001, le puits d'origine datant de 1829 a été découvert. Il est situé au nord et à gauche de l'actuelle cheminée. Briqueté, ses côtés mesurent quatre mètres. Dès la prise de possession de Monsieur CRESPEL en 1833, l'usine de Francières va se développer et voir l'édification de bâtiments nouveaux :
- Une deuxième maison, au sud pour le logement d'un cadre.
- Des logements d'employés en travées avec arcades en plein cintre, le long de la nationale, au nord de la cour d'honneur, toujours en briques pleines et couverts d'ardoises.
- La première maison patronale entre ce bâtiment et l'usine proprement dite.
- L'orangerie (à l'origine, bergerie avec communs pour ouvriers) à l'est de celle ci.
- Trois bâtiments adossés à la grande halle de fabrication d'origine, destinés à la distillerie (mars 1855), aux générateurs, à la laverie, aux citernes de fermentation, aux fours au noir (noir animal pour décolorer le jus de sucre), à l'atelier de la cuverie.

- Un quatrième bâtiment, dans le prolongement, abritant : magasin à betteraves, râperie et presses. En bâtiments annexes, l'un en aile droite comprenant : forge, bourrellerie, remise et écurie. L'autre en aile gauche abritant : écurie, buanderie, bureau, cuisine.
- Un pavillon sur la route, au sud de la forge, couvrant une bascule de vingt tonnes ; avec une entrée plus au sud de la cour d'honneur pour le trafic lié aux livraisons.
- Un gazomètre fournissant énergie, chauffage et éclairage à l'usine, implanté plus au sud encore en direction d'Estrées-Saint-Denis.

La clôture du nord-est comprenait, à la fin de l'ère CRESPEL trois bâtiments : l'un recelant, charronnerie, tonnellerie, bergerie, bouverie, porcherie, poulaillers et hangars. Le deuxième : bergerie et logements d'ouvriers. Le troisième : une bouverie. Les logements des personnels permanents et saisonniers occupaient une place importante.
Si la surface occupée à l'origine (1829) était de 3,2 Hectares, en 1859 elle se monte à 10, plus un hectare de jardins - à peu près celle d'aujourd'hui.


C'est à cette époque que débute la construction des premières maisons ouvrières - de l'autre côté de la route - au niveau de l'ancien estaminet en face de la sortie nord de l'usine. Dès cette période, la caractéristique la plus spectaculaire du site de Francières est bien l'incroyable imbrication topographique et architecturale entre le domaine patronal, le domaine industriel et le domaine agricole.
Le "maître" ou le directeur occupait au dix-neuvième siècle la partie nord de la grande halle de fabrication. Cet enchevêtrement du domaine privé et du domaine industriel se perpétuera jusqu'au vingtième siècle.
L'une des ailes de la maison patronale fait partie intégrante de l'un des bâtiments de fabrication et l'aile en retour d'équerre vers l'ouest n'est séparée de la cour principale de l'usine que par un petit jardin borné à l'est par la cheminée et la salle des machines de l'usine.
En outre, l'aile ouest de la maison patronale communique directement au nord avec une aile de logements d'employés parallèle à la grande route.
Enfin, l'autre jardin patronal, doté d'une orangerie et d'une serre, est situé à l'extrémité est de l'enclos industriel, et le maître des lieux, pour s'y rendre, doit longer les ateliers de fabrication et le four à chaux.
On imagine ainsi une cohabitation pour le moins étonnante entre une unité industrielle, dont le moins que l'on puisse dire est que la salubrité n'est point sa qualité dominante, et une unité patronale étroitement comprimée entre ateliers et magasins d'un côté, bureaux et logements ouvriers de l'autre. La surface de la fabrique augmente une première fois en 1867 et une nouvelle fois en 1874.
A la fin des années 70 sont construites : la maison du contremaître, plusieurs maisons ouvrières, celle du charron et du directeur, à l’ouest de la nationale, plus une cantine.
Les évolutions technologiques, en particulier le procédé par diffusion qui est mis en place à Francières vers 1880 - parallèlement à l’installation d’une nouvelle distillerie – entraîne de nouveaux bouleversements architecturaux. C’est dans la partie méridionale du site que seront construits les nouveaux bâtiments : la distillerie, qui après 1894 servira de lieu de stockage et de logement pour les saisonniers, un four à potasse, halle à charbon et halle de stockage. Les bâtiments centraux sont restructurés.


En 1891, M. DRUELLE rachète, «pour des raisons de discipline», le cabaret situé en face et le transforme en logement pour le mécanicien. En 1901, une maison jumelle est bâtie à côté. Bergerie, hangars sont transformés en logements.
A partir de 1904, pour les employés fixes et les saisonniers, les logements misérables – derrière le hangar à pierre à chaux – sont améliorés.
Potasserie et distillerie fermées, sont aménagées, de la literie achetée et des lavabos posés. Cette modernisation entraîne une stagnation des emplois.
En 1908, la direction de l'usine autorise trois entrepreneurs à betteraves à créer et gérer une "gargote saisonnière" pour nourrir le personnel pour la durée de la fabrication. On la retrouve encore en 1909 et 1910. Une cantine avait pourtant été ouverte dans l'enceinte de l'usine en mai 1860, mais avait du cesser son activité.
En 1922, sont construits en face de l'usine des maisons ouvrières jumelées, essentiellement au sud et deux au nord.
En 1927 la sucrerie de Francières compte 62 logements ouvriers et le hameau comptera 157 habitants en 1930. Il existe toujours des logements dans l'usine de part et d'autre de l'école et au sud. La S.D.F. a acquis, durant cette période, des habitations à l'intérieur du village et dans tous ceux des environs pour loger ses ouvriers.
En 1926, un incendie ayant détruit l'aile droite de l'usine et le laboratoire du chimiste, ceux-ci seront aussitôt reconstruits.

Les années 1930 sont riches en nouveautés :
- En même temps que l'embellissement de la maison patronale, la serre est créée et une orangerie remplace l'ancienne "bouverie à trente boeufs".
- Peut-être par économie, l'école privée devient laïque ; locaux, matériel, éclairage sont loués à la municipalité pour un franc symbolique par an, mais l'institutrice de cette école mixte à classe unique est rétribuée par l'Etat. En 1930 on compte 22 élèves.
- Le bâtiment situé au sud de la cour centrale avec sa grande porte cochère ne constitue plus l'entrée des livraisons. Accolés à lui au sud, deux petits pavillons encadrant un pont à bascule sont la nouvelle entrée.
En 1933, cet ancien bâtiment d'entrée est refait, élargi, couvert d'un toit plat avec balustrade basse en créneaux, enduit en ciment et abrite les bureaux avec le laboratoire au premier étage.
Entre 1933 et 1935, une troisième distillerie est créée an nord de l'enclos, ainsi que deux réservoirs à alcool. Elle produira en 1933 : 5 302 hectolitres d'alcool, 7 228 en 1936, 3 249 en 1938 et traitera 5 à 10 000 tonnes de betteraves supplémentaires par campagne. Elle fonctionnera jusqu'à la fermeture.
Au centre des bâtiments de fabrication, la grande halle conservant ses murs de la première époque, sera surélevée en ossature métallique hourdée de briques. Elle contient les générateurs et la chaudière.

Plan des évolutions suivant Monsieur Bour et corrections par Michel Varroqueaux



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