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L'ECOLE de la SUCRERIE

Durant la période qui va de la création de la sucrerie jusqu'à la fin du XIX° siècle, on peut voir que les enfants des deux hameaux de Francières sont négligés du point de vue de l'instruction, ne faisant l'objet d'aucune attention particulière. Pourtant, celui de la sucrerie voit sa population progresser constamment, avec une accélération à partir de 1860.

Lors du conseil d'administration du 10 mai 1907, M. Gaston Benoit directeur de la SDF expose :
"que le nombre des enfants du personnel de l'usine est actuellement de 22 et que les parents - pour éviter que tous les enfants aient à faire trois kilomètres, pour se rendre au village de Francières - seraient disposés à donner 0,10 franc par jour, ou trois francs par mois, si cette allocation pouvait aider à créer une école à l'usine même.  Une école de ce genre allait être créée à la sucrerie de Froyères. Le local à Francières serait tout préparé dans l'ancienne cantine".
Le conseil approuve dans son principe cette installation et autorise à étuder la réalisation du projet en limitant à 500 francs par an, la charge qui pourrait en résulter pour la société.
L'acte de naissance officiel de l'école du hameau de la Sucrerie daterait donc de 1907. Notons que les vingt-deux enfants recensés étaient ceux des employés de la fabrique et des fermes, demeurant à l'usine même ou dans les logements ouvriers situés de l'autre côté de la nationale, mais également au hameau de Fresnel.
Cette création, approuvée par l'Inspection Académique en juillet 1907, n'était pas un acte de paternalisme gratuit, mais à inclure dans un système d'aide sociale que le couple Benoît mettra rapidement en place. La vie rendue plus facile pour le personnel, rendait celui-ci plus attaché à l'établissement où la succession se faisait souvent de père en fils.
L'école de Froyères s'est ouverte peu après, comprenant un bâtiment scolaire et un logement d'instituteur neufs, bâtie face à la sucrerie et qui existe toujours malgré la destruction de l'usine. La direction de celle-ci y développant également une action sociale, (coopérative, club de foot, etc.), destinée à fidéliser sa main d'oeuvre.

Aux archives départementales, en date du 28 septembre 1907, figure la demande d'ouverture d'école formulée par Mme veuve Emma Keusch née Bizouard, âgée de quarante-cinq ans "institutrice agréée par Monsieur Benoît, directeur" et adressée au maire du village,Ernest Monnet.
Son intention, "aussitôt après l'approbation de l'autorité supérieure", est d'ouvrir une école mixte privée, à l'usage
des enfants habitant l'usine, dans les locaux que la SDF a mis à sa disposition à cet effet, dans l'immeuble situé sur la route de Flandres.
La sucrerie prend en charge le local, son entretien, le chauffage et l'éclairage, le salaire de l'enseignante et ses avantages en nature, dont du sucre et du charbon (moins la petite participation parentale dont on ne connaît pas l'extention).



Les lieux tels qu'ils se présentaient en 2001. Logements ouvriers, école, maison de gardien et quelques bâtiments annexes.
Vue prise depuis les étages supérieurs de la distillerie 1930 (cliché J. Hiquebrant).

Le local réservé à l'école se trouve à l'extrémité Nord du bâtiment élevé avant 1859 et situé le long de la Nationale, à gauche de la cour d'honneur. Il est en maçonnerie de briques pleines, toit en ardoise à deux pentes et composé d'un jeu de travées avec arcades en plein cintre (dont il ne reste que huit et demie, la partie sud ayant été modifée lors de l'agrandissement des logements patronaux). Chaque travée, destinée à un logement d'employé, est constituée par un rez-de-chaussée à deux pièces et d'un entresol ou premier étage, divisé en une ou deux pièces. Une cave se trouve en sous-sol.
En 1907, on a réservé pour cette école, les deux travées nord, prolongées en direction de la maison de gardien et séparées de celle-ci par une petite courette et par une avancée du seul rez-de-chaussée.

En arrière : cour ou jardin servant de cour de récréation et de jardinet pour l'enseignante. Celle-ci disposant de l'avancée d'extrémité pour sa cuisine/séjour et de trois pièces au-dessus de la salle de classe.

La salle d'école est constituée par les deux pièces des deux travées réunies. Elle est de forme rectangulaire avec un important décrochement qui correspond à l'emplacement de l'escalier qui conduit à l'étage supérieur depuis une passerelle (aujourd'hui disparue) reliant la classe à la cuisine de l'enseignante et d'un escalier menant à la cave depuis l'extérieur.

Une porte et une fenêtre, côté cour, comme côté rue permettent l'accès de part et d'autre et l'éclairage naturel du local.



Partie supérieure du bâtiment abritant l'école (logement de l'institutrice). A gauche, les logements ouvriers.
Remarquez les détails architecturaux, typiques des constructions industrielles du dix-neuvième siècle. Collection J.P. Bricout.

Bureau de maître sur estrade, pupitres en bois teintés de noir avec couvercles mobiles pour les élèves, armoire et placard servant au rangement du matériel, portemanteaux et étagères pour le rangement des livres, constituaient l'essentiel du mobilier. Trois tableaux noirs, les uns fixes et l'autre mobile ainsi que des cartes murales, complétaient l'ensemble selon les témoignages des anciens élèves.

En 1911, le conseil municipal de Francières enregistre la "demande d'ouverture d'un école libre mixte" émanant d'Estelle Boizot, célibataire alors âgée de vingt-deux ans et originaire de Montdidier.
Succession ou ré-ouverture après fermeture temporaire ? La première hypothèse doit être la bonne car en 1926, la même formule est utilisée lors d'un changement de titulaire.
De 1914 à 1923 au moins, Mlle Stella Lafarge occupe le poste. Elle était née à Paris, 5 Avenue Marboeuf le premier septembre 1859. Ni les conseils municipaux, ni les conseils d'administration ne mentionnent une fermeture temporaire de cette école, même durant la grande guerre. Pourtant, l'activité a du cesser durant les moments les plus critiques.
Le 12 avril 1926 Eugénie Hermantier, âgée de quarante deux ans, demande à l'inspection académique, l'autorisation "d'ouvrir une école primaire privée mixte dans le local qui a servi depuis une vingtaine d'année de salle d'école".

Monsieur l’inspecteur,
J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai l’intention d’ouvrir une école primaire privée mixte dans la commune de Francières. Cet immeuble, dont ci-joint le plan, (non retrouvé) a servi depuis une vingtaine d’années de salle d’école pour les enfants des employés et des ouvriers de la dite sucrerie.
Pendant les dix ans précédents, j’ai résidé dans les localités ci-après :
Du mois d’octobre 1916 à juillet 1919 à Caen, pensionnat Saint Joseph, 30 rue des Rosiers. J’exerçais la profession d’institutrice adjointe.
Du mois d’octobre 1919 à 1923 à Falaise, Institution Saint Jean, 6 Place de l’Hôpital où j’exerçais en qualité d’adjointe. Du premier juillet 1923 à ce jour, à Compiègne. Pendant cette dernière période, j’ai donné des leçons particulières.

Signé : Audrey Eugénie femme Hermantier, née à Grimbosq le 09 10 1884.

Est-ce dans une période économique difficile, pour économiser le salaire de l'institutrice ou pour une autre raison comme les difficultés de recrutement, que Gaston Benoît propose la transformation de l'école libre en école de statut publique ?

Le 17 juillet 1930, le conseil municipal, présidé par le même Gaston Benoît constate : "que le hameau compte 157 habitants dont 22 en âge scolaire (sans compter le hameau de Fresnel) séparé du village par 2 800 mètres de route dangereuse six mois par an. Qu'il est déjà desservi par une école privée, locaux et matériel existants, offerts par la société de la sucrerie et qu'une demande de création d'école publique mixte est déposée pour le premier octobre".
Le conseil départemental de l'Oise, le trente juillet, considère qu'il y a grand intérêt à profiter de l'occasion offerte et le ministère de l'Instruction publique et des Beaux Arts approuve cette création le trente septembre 1930.
Le neuf septembre, un bail a été conclu avec la fabrique. Etabli pour douze ans moyennant un loyer annuel de un franc.
Les impôts de toute nature seront supportés par la sucrerie, de même que l'entretien, le chauffage et l'éclairage. Seuls l'instituteur ou l'institutrice seront fonctionnnaires d'Etat et salariés par lui.
On retrouvera le huit novembre 1949 la signature d'un nouveau bail aux mêmes conditions.
Ce n'est, par contre, que dans sa séance du neuf mars 1932 que le conseil d'administration de la SDF enregistre et approuve cette transformation et le bail.
La sucrerie cesse ses activités à la fin de la campagne 1968/1969. Madame Benoît continue d'y résider, réglant les problèmes de liquidation et animant la Société Agricole qui prend le relais pour la gestion des cultures et des fermes jusqu'à son décès survenu en mars 1972.

L'école reste ouverte jusqu'en juin 1971 puis les enfants du hameau seront transportés à l'école du village par le "tub", camionnette de la sucrerie assurant le transport du personnel conduit par Mme Michelle Trouard.

Les lieux laissés à l'abandon, vont rapidement se dégrader, être pillés et vandalisés. Le mobilier et le matériel vont disparaître en grande partie.




Au chapitre "Documents Anciens" qui nous permettent de renouer avec le passé prestigieux de l'école de la Sucrerie,
nous sommes heureux d'ajouter la photographie ci-dessus.

Elle représente la cour de l'école où l'on distingue le préau aujourd'hui disparu, l'entrée de la cave et celle du logement de fonction dont le mur s'ornait alors d'un luxuriant rosier.
Le garage de l'institutrice se trouvait entre le logement de fonction et la maison de gardien à double étage.
On en distingue l'entrée, dans l'ombre du préau. C'est là que Mlle Garzoni, propriétaire du document, rangeait un véhicule personnel, devenu désormais légendaire : la 2 CV Citroën dite aussi "Deudeuche".



La restauration de la classe





Ci-dessus, ce qu'il restait de la salle de classe en 2001. Cliché Joël Hiquebrant.

Les photographies ci-dessus permettent de se rendre compte de l'état des lieux et du travail à accomplir.
Durant l'été 2004, les travaux commençaient dans le but de reconstituer, au moins en parti,e la "classe à l'ancienne" telle qu'elle avait fonctionné dans les années cinquante / soixante.
La restauration est l'oeuvre de Monsieur Bernard Bocquet, peintre retraité de Francières, aidé par son épouse et MM. Hiquebrant et Jean Tubek. La mise hors d'air et hors d'eau ainsi que la sécurisation sont dues à l'entreprise PLAT de Jonquières (MM Francis Plat et Sébastien Bousiquier) mandatée par Monsieur Jean Pierre Bricout, directeur de la Société Agricole de Francières.
Quant au matériel, justement, la collecte est allé bon train : cinq tables-bancs, vingt-cinq cartables, des centaines de livres scolaires ou de lecture s'affichèrent au compteur.
Quelques tables supplémentaires sont venus compléter cette première collecte, de même que des vêtements d'écoliers, une bibliothèque et autres accessoires. Plumiers, trousses, nécessaire pour l'écriture, etc. furent aussi au rendez-vous.

Merci aux généreux donateurs, particuliers ou mairies qui ont répondu positivement à nos sollicitations. Tous ces efforts furent couronnés de succés et permirent enfin l'inauguration !



La salle de classe rénovée.



L'INAUGURATION !

Celle-ci eut lieu le samedi 18 septembre 2005 en compagnie de nombreux invités autour d'un verre de l'amitié. Ce fut l'occasion de féliciter tous ceux qui avaient contribué à la réussite de cette entreprise. Le lendemain avait lieu l'ouverture au grand public dans le cadre des journées du Patrimoine.

D'anciens élèves ont retrouvé leur maîtresse ! Cliché Joël Hiquebrant

Madame Desjardins (à gauche) évoque ses souvenirs. Cliché Mme Belmant.
Nombre d'anciens élèves ont pu, à l'occasion de leur visite, renouer avec une partie de leur passé, retrouver d'anciens camarades de classe et leurs institutrices ! On comprend l'émotion qui régnait à l'occasion de ces retrouvailles. Madame Dina Garzoni, Madame Françoise Desjardins qui ont occupé le poste d'enseignante, avaient fait le déplacement. Madame Yannicke Martin, empêchée n'a pu être présente. Toutes trois ont laissé un souvenir fort de leur passage dans cette classe.

MM. Neuplanche et Cordier. Cliché Mme Bricout

Mlle Garzoni. Cliché Mme Belmant

Une famille heureuse. Cliché Neuplanche.

Les commentaires vont bon train. Cliché Joël Hiquebrant.
Le public, venu nombreux et de fort loin parfois, à l'occasion des journées du patrimoine a salué le travail accompli, ce qui est allé droit au coeur de tous ceux qui ont travaillé pour aboutir à cette réalisation. Il a fallu pousser vers la sortie ceux des visiteurs qui tardaient à quitter les lieux, y compris les plus jeunes.

Tout un symbole !



QUELQUES TEMOIGNAGES

Témoignage écrit de Mademoiselle Garzoni :

"J'ai pris mon poste à la sucrerie de Francières le premier octobre 1957 et j'en suis partie en juillet 1964. Si je compare les différentes écoles où j'ai enseigné, je pense que ce premier poste a été celui que j'ai le plus apprécié. Ayant rédigé une demande de poste, j'ai été étonnée quand l'inspectrice m'a abordée dans la rue pour me dire qu'elle avait pensé à moi pour cette petite école, une "vraie bonbonnière".
Voici ce qu'était la vie au quotidien de cette école à classe unique. Les enfants habitaient les maisons de la sucrerie ou venaient de la ferme de Fresnel. Un élève habitait près du passage à niveau à Estrées. Il n'y avait pas de ramassage scolaire ni de cantine. Les enfants marchaient.
Quand ils arrivaient le matin, Madame Dumortier avait déjà allumé le gros poêle au milieu de la classe et avait rempli le seau de charbon pour que j'alimente le feu au cours de la journée. Mon logement accolé à l'école donnait dans la cour de récréation et le matin les premiers bavardages avec Madame Dumortier duraient un bon quart d'heure avant l'arrivée des enfants.

Les pupitres étaient très rustiques, je me suis demandé s'ils n'avaient pas été fabriqués à la sucrerie car ils n'avaient rien d'ouvrages faits en série.
Ils étaient pouvus d'un plancher (plus chaud aux pieds des enfants que le carrelage) et d'une tablette qui se relevait pour ranger les affaires dans la case.
C'étaient des pupitres pour deux avec un banc. La classe donnant sur le large trottoir où s'arrêtaient souvent les camions, il n'était pas rare, les jours de grand brouillard, de voir des automobilistes un peu perdus, venir frapper à la porte pour demander leur chemin. Ils avaient été attirés par la grande baie vitrée et la lumière de la salle de classe.
Une manifestation réunissait les enfants de Francières-sucrerie et Francières-village, la cérémonie du onze novembre au monument aux morts de Francières. On apprenait un poème de circonstance à réciter ce jour-là. Je ne sais plus qui le récitait, un élève ou toute la classe...
Les cours commençaient à neuf heures et quatorze heures, ils s'interrompaient à douze heures et dix-sept heures. Vers dix-huit heures je retrouvais mes élèves allant chercher le lait avec leur boite. Une fille de Madame Benoit servait le lait de la ferme et on faisait la queue.
En automne ou pouvait prendre des pommes tombées, mises là, dans une lessiveuse, à la disposition des amateurs. Je me souviens de nombreux élèves, ils restent dans mon souvenir, associés à cette petite classe unique où j'ai fait mon apprentissage et dont je me souviens avec une certaine tendresse".


Témoignage de Madame Yannicke Martin (02 mars 2004) :

Madame Martin déclare avoir exercé à l’école de la sucrerie de Francières de 1965 à 1970. Elle avait occupé un premier poste à Boulogne-la-Grasse, mais ceci très peu de temps, une institutrice titulaire (ce qu’elle n’était pas encore) ayant demandé et obtenu ce poste.
Après 1970, elle exercera à Granvilliers aux bois puis à Rouvillers jusqu’en 1998 date de son départ en retraite.
Une de ses amies ayant battu le rappel de tous ses anciens élèves, c’est près de 500 personnes qui se sont retrouvées sous un chapiteau pour lui rendre hommage. Ce qui fut un des moments les plus émouvants de sa vie.
Elle dit que rien ne la préparait à mener cette vie d’institutrice campagnarde, elle qui avait toujours vécu en ville et au Maroc mais que sa capacité d’adaptation avait rendu la chose possible.

Elle n'a que peu de souvenirs concernant sa vie à Francières, aucun événement particulièrement marquant n’étant venu émailler la vie « normale » d’une classe de ce genre dans ces années là. Hormis peut être des conditions matérielles peu favorables (petitesse des locaux, de la cour de récréation, etc.).
Elle dit que ce type de classe unique présentait l’avantage (à l’époque) de mieux préparer les enfants à leur future vie sociale en faisant se cotoyer des enfants d’âges différents, les grands aidant les petits.
Comme je lui rappelais que la grande proximité avec une usine aussi importante et active devait entraîner quelques inconvénients, elle a convenu que le bruit, plus encore que les odeurs engendrés par l’activité de la sucrerie était gênant. Elle dit avoir fait classe à une vingtaine d’élèves sans que cet effectif n’est sensiblement bougé au fil du temps.
Madame Martin se souvient également avoir effectué deux « sorties », une pour visiter l’usine et ce sur la recommandation de Monsieur Heiderijk, ingénieur maison qui croyait utile et pédagogique de faire découvrir aux enfants le travail effectué par leurs parents dans le cadre même où ils exerçaient. Il n’avait pas hésité lui-même à placer ses propres enfants à l’école de la sucrerie avec les élèves des ouvriers.
Concernant les rapports avec la religion, elle me dit n’avoir pas souvenir qu’il y ait eu la moindre interférence ; la chapelle ne «fonctionnait » plus de son temps et aucun prêtre ne fréquentait l’usine.
Elle dit avoir été impressionnée à l’époque par la personnalité de Madame Benoit, déjà impotente mais qui « en imposait » manifestement. Cette dernière, se sentait concernée par le fonctionnement de la classe, qu’elle considérait – malgré son statut d’école publique – comme partie intégrante de l’usine et plus ou moins sous son autorité.
A plusieurs occasions, Madame Martin fut convoquée dans le bureau de Madame Benoit pour s’entendre expliquer ce qui convenait le mieux pour l’école.
Concernant le logement (et la classe) elle dit que le poêle à charbon fonctionnait encore mais ne se souvient plus qui en assurait le fonctionnement et l’entretien (peut-être la même personne qui était chargée du ménage ?). Par contre un chauffage au fuel complétait le dispositif, voire un chauffage électrique d’appoint.
La classe ne communiquait plus avec la cuisine. Il fallait sortir pour passer de l’une à l’autre.
Après la fermeture de la classe, les lieux sont restés en l’état, il n’y a pas eu de déménagement, de récupération de matériel ou de transfert. Passant quelques temps après par là, Madame Martin a constaté que les actes de vandalisme avaient commencé, vitres brisées, portes forcées et peu à peu tout le matériel de la classe a disparu ou a été brisé, jeté au sol, etc.



Témoignages recueillis auprès d'anciens élèves :

"L'ambiance dans cette école était très bonne, la maîtresse s'occupait de tous les cours, du C.P. au certificat d'études.
On avait des punitions mais des récompenses aussi. La maîtresse était sévère mais on la respectait et on l'aimait bien (Madame Desjardins). Le certificat d'études se déroulait à Estrées-Saint-Denis, il y avait une épreuve sportive et l'écrit un autre jour.
Celà se passait à 14 ans, classe CM 2. Nous faisions de la gymnastique dans la cour de l'école. Sous le préau, il y avait une corde lisse.
Le théâtre avait lieu tous les ans, sous les ordres de Madame Benoît, après répétition dans sa salle à manger. Un spectacle avait lieu dans un des bâtiments de l'usine, avec des costumes confectionnés spécialement pour la circonstance.
"



Représentation théâtrale en 1942 : "Mon moulin fait tic-tac". Collection Jean Pierre Bricout

"En récompense, Madame Benoît nous emmenait au théâtre du Châtelet à Paris. Nous avions récréation le matin et l'après midi dans la cour de l'école. Madame tapait dans ses mains pour que nous rentrions en classe. Nous jouions au foulard ou à la balle au prisonnier.
Nous avons aussi effectué des sorties : voyage à la mer à Dieppe, en camion avec tous les ouvriers et leurs familles. J'ai aussi participé aux colonies de vacances pendant quatre ans, d'abord à Rosporden, à Saint-Pierre de Quiberon et enfin à Chapoix dans le Jura, deux fois.
Quant aux activités religieuses, nous avions le cathéchisme avec Mme Benoît ou Madame Françoise, la messe à la chapelle tous les mardis matin avec l'abbé Le Pévédic, les processions avec les bannières, les filles habillées de blanc et jetant des pétales de roses aux reposoirs.

J'ai le souvenir que nous avions beaucoup de respect pour la maîtresse, ce qui n'est plus le cas maintenant". J. L.




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