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UNE APPLICATION MECONNUE :
L'EMPLOI DE LA BETTERAVE SUCRIERE
POUR L'ECLAIRAGE



Premier témoignage : Un extrait du livre des brevets disparus (1845)

bulletin

Original provenant de la Bibliothèque Nationale d'Autriche

Extraits et retranscription, de la demande de dépot de brevet : n° 7594.

Brevet d'invention de quinze ans, en date du 30 juin 1843 (déchu par ordonnance du Roi, le 18 novembre 1845)

au sieur Wingens Jean-Jacques, à Paris,
pour la fabrication d'un gaz d'éclairage. ....

«.....La présente demande est basée sur une application neuve et un combinaison nouvelle de matières connues par la science, pour amener à un résultat avantageux pour l'éclairage d'un gaz déplaçable. ....
Le but de l'invention est d'extraire l'hydrogène des matières suivantes:
1° De la betterave, du topinambour ou de la pomme de terre, qui pourraient être remplacés par le gland de chêne;
2° de l'hydrogène, peu carboné, du bois, soit du bois de chêne, de sapin, soit de la sciure des bois tendres ou pommes de pin, afin d'extraire une certaine partie d'hydrogène carboné ......»


5 Octobre 1843. Brevet d'addition et de perfectionnement.

«.....Je destine la betterave entière à l'extraction d'un liquide d'éclairage qui, après avoir été mêlé avec des substances carbonneuses, sert pour faire la lumière.
Je fais râper ou couper la betterave entière, j'ajoute les parties d'eau nécessaires pour la fermentation......
.....d'y ajouter, quand la fermentation est finie, une quantité suffisante de liquide de bois, pour obtenir, par distillation, un liquide d'éclairage propre à brûler .....»

Deuxième témoignage : un article paru dans le bulletin des séances
de la Société Impériale et Centrale d'Agriculture.
(1856)

bulletin

 

Cette séance est consacrée aux progrès des distilleries de betteraves.


« Une disposition particulière proposée par un ouvrier distillateur, fractionnant les eaux résiduelles de la rectification, permet d'extraire plus facilement les huiles essentielles applicables à l'éclairage des usines.


De son côté, M. Marchal de l’Oise vous a fait parvenir un échantillon de l’huile essentielle de betteraves, légère, incolore, obtenu dans sa distillerie de Francières et qui donne une flamme blanche très éclairante. »


Rappelons que Crespel a déposé en 1854 une demande pour créer la première distillerie, située en arrière de la halle Thirial, ouverte en 1855 et qui a fonctionné jusqu'à la vente de la fabrique en 1859.


Qui était Marchal ? Gérant directeur de la sucrerie ou seulement responsable de la distillerie ?

Joël Hiquebrant, Michel Varoqueaux



Gaz d'éclairage, alcool lampant, huile procurant une flamme brillante?
Ces trois procédés n'ont pas réellement été employés de façon industrielle.
Les méthodes décrites ci-dessus avaient les défauts majeurs soit d'employer la betterave entière, soit de faire appel à des techniques d'extraction longues et onéreuses, lorsque l'huile minérale (pétrole) était plus aisée à se procurer.
Notons aussi que le gaz issu de la pyrolyse du charbon (gaz de houille) était déjà largement répandu dès 1833.
A partir de 1880, la fée électricité a bien vite remplacé ces solutions difficiles à mettre en œuvre.







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