Association pour la Sauvegarde de la Sucrerie de Francières

LA    LETTRE    DE    LA    SUCRERIE

  N° 57  – MAI 2012

LE MOT DU PRESIDENT

La sucrerie a enfin rouvert ses portes en mars 2012; à l’occasion du Printemps de l’Industrie,  la première tranche réhabilitée a été ouverte au public gratuitement. Elle commence à  revivre, même si l’inauguration officielle prévue pour le 3 avril a été annulée et reportée en septembre en raison de la législation en périodes électorales.

   Ombelliscience ( le Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de la Région ) a organisé des visites de  son exposition "Promesses Végétales" pour le grand public et les scolaires les 20 et 31 mars et le 5 avril.

   Nous-mêmes – même s’il manque encore du petit matériel de laboratoire- avons ouvert le 17 mars pour les adhérents. Un pot amical a réuni une centaine de membres présents dans la joie de se retrouver et de voir le ravissement des anciens.

   Puis toute la journée du 24 mars de 10 heures à 18 heures, 600 visiteurs, sans compter les enfants,  ont été accueillis dont 85 inscrits sur le site internet de la Région. Nous avons enregistré jusqu’à 150 voitures simultanément, sans compter les vélos.

   Et le 5 avril, le président du Conseil Régional Mr Gewerc est venu visiter le site, entouré de personnalités : le conseiller régional Mr Dalongeville, le conseiller général Mr Brassens, le président de la communauté de communes Mr Fouet,   un représentant du Conseil Economique et Social régional  ainsi que M. Thierry Marbach, de l'INERIS .

    Mais notre tâche n’est pas terminée, le combat continue selon les statuts.

Nous rappelons qu’en 2006, après avoir cherché des opérateurs privés pour la conception, les travaux et la gestion, c’est finalement la Région, appuyée par le Département et les instances locales, qui a décidé de prendre en main l’ensemble du projet.

Et que c’est l’opportunité d’une subvention européenne qui a fait que l’ASSF a été nommée maître d’ouvrage pour une réhabilitation limitée.

Malgré les contraintes de temps et de budget, avec l’architecte Y. Bour ( qui travaillait avec la Région sur ce sujet depuis 2006) nous avons réussi dans notre mission temporaire.

Elle n’était pas gagnée d’avance et certains espéraient que nous ne la réussissions pas.

Rappelons que le Conseil Régional , avec le Conseil Général, se sont engagés devant les Monuments Historiques et la DRAC, à réhabiliter l’ensemble de ce site classé.

   Pour être fonctionnel, ce « musée » aurait besoin d’une salle de réunion ou auditorium, d’un local pour l’association, d’un local pour y transférer nos archives actuellement disséminées et consultables par les historiens et les chercheurs, d’une zone où l’on pourra enfin exposer et restaurer le matériel récupéré, d’une billetterie et d’une boutique, de la reconstitution du laboratoire, d’un lieu de restauration… 

La place ne manque pas, tout ceci était déjà prévu dans les études de faisabilité et est déjà réfléchi par l’architecte et des membres de la Région.

Cela demandera du temps et du financement mais l’ASSF continuera  son travail d’incitation et d’avis pour cette phase suivante.

Elle continue de toute manière son travail de quête de renseignements et documents, celui de communication, et, si elle en trouve le financement, de restaurations partielles comme les conciergeries et une salle d'archives.

L’opération est lancée, on ne peut plus faire marche arrière grâce à cette partie qui vient de se terminer.

Et il  reste enfin à régler la question de la gestion de ce « centre d’interprétation sucrière et d’avenir des agro- ressources" .
Ce dossier est à l'étude à l'initiative de la Région.

Même si elle s'en tient informée, l’association n’a pas les moyens matériels, humains et financiers d'assumer cette gestion ; selon nos statuts, ce n'est pas notre mission. 

Elle pourra  jusque fin 2012 équilibrer les frais de fonctionnement et ouvrir portes, électricité, chauffage etc. aux visites organisées par la Région à condition que les subventions promises par les Collectivités pour assurer la transition  soient attribuées dans les temps .

Nous ouvrirons le site au public dimanche 3 juin dans l'après midi en lien avec l'opération "Un dimanche à la Ferme / Oise verte et bleue" (ferme Vecten sur Francières) et le 16 septembre (Journées du Patrimoine).

   A la suite d'une demande  auprès de M. le président du Conseil Régional, une première réunion s’est tenue à la sucrerie le 23 mars pour envisager les solutions d’avenir. Etaient convoquées les autorités techniques et les élus locaux et départementaux autour de Mme Marissal, directrice adjointe des Services de la Région, qui  pilote le projet dans le cadre régional et de Mme la Sénatrice Laurence Rossignol.

 D’autres réunions se tiendront pour trouver la solution de cette gestion avant l'inauguration officielle de septembre prochain
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L’opération « médaille » a été une réussite. Sur les 100 fabriquées, il n’en reste plus actuellement et nous réfléchissons à un nouveau tirage. Un exemplaire du bon de réservation est disponible sur  notre site internet, ou sur demande écrite au siège social (médaille en métal doré, d'un diamètre de 60 mm, livrée en coffret prestige au prix de 25 € piéce)

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Nous avons eu aussi ce premier trimestre, la joie de recevoir des dons de particuliers, personnellement ou familialement attachés aux sucreries.  Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

Roger et Paul Bonelle, pour un semoir à betteraves du début du XXe siècle et ayant été utilisé par leur père et leur grand-père à Faverolles (Somme).

Francis Capron, ancien chimiste à Coulommiers pour un magnifique trébuchet ancien, du petit matériel de labo et de la documentation.

Guy Féron, fils du dernier directeur de Coudun et qui a fait ensuite l’avant dernière campagne à Francières comme chef de production, pour de nombreux ouvrages techniques, un réfractomètre et de nombreuses photos anciennes de diverses sucreries qui seront intégrées dans notre site.

Raoul Bernardin pour deux saccharomètres de type différent et Marie Paule Bernardin (une carrière 37 ans de  documentaliste au Cedus) pour le livre qu'elle a cosigné avec Annie Perrier-Robert "le Grand Livre du Sucre " .

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En raison du décalage de l'inauguration officielle , l'assemblée générale serait reportée à septembre 2012. Le conseil d'administration se réunit prochainement dans le courant du mois de mai .

Renseignement pour toute visite de groupe des espaces muséaux et de l'exposition "Promesses végétales "auprès de la Région Picardie (  0 800 02 60 80 )


LE DEVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE BETTERAVIERE EN FRANCE

VU SOUS SON ASPECT  POLITIQUE, ADMINISTRATIF ETC.

Ce développement débuta au tout début du XIXe siècle par les expérimentations en laboratoire et les tâtonnements des premiers chercheurs.

Napoléon, par ses encouragements de toute nature soutenant les recherches des savants français par des prix nombreux comme des faveurs de toutes sortes, donna  l’élan de cette industrie. Il fallut aussi subir la tentative de fabrication de sucre de raisin, vite abandonnée.

Il faut souligner que la demande en sucre, qu’il soit de canne avant 1800 ou de betteraves  après 1812, était faible. Ce sucre était rare et cher, utilisé surtout en pharmacopée et vendu par les apothicaires.

Les premiers sucres de betteraves étaient amers mais cela n’empêcha pas les européens d’apprécier, malgré cette amertume, ce sucre nouveau (Walkhoff).

Mais les fabricants français durent lutter contre une série d’épreuves.

D’abord en 1815, le retour du sucre de canne des colonies. La Restauration taxa l’importation des sucres étrangers (allemands entre autres) et accorda  des aides aux sucres coloniaux. Mais paradoxalement, les prix de revient sur les marchés français ont favorisé l’essor du sucre de betterave.

En 1837, une taxe sur le sucre indigène  fit chuter la production et 100 fabriques fermèrent. Une augmentation de cette taxe fut décidée en 1840 avec surtout un projet de loi interdisant pour 1844 la production de sucre de betteraves avec une indemnisation prévue. Ceci pour protéger les sucreries coloniales et les transports maritimes. Ce projet soutenu par Lamartine contre Thiers et Louis-Napoléon Bonaparte, fut vite abandonné mais la taxe encore augmentée. En 1850, l’abolition de l’esclavage entraîna « heureusement » une augmentation du prix du sucre de canne.

Et ce fut l’essor économique sous le II° Empire, avant l’apparition de la concurrence allemande, contrebalancée par la mesure fiscale d’exonération du sucre en excédent.

En 1902, la Convention de Bruxelles réglementant la concurrence, entraîna une régression des productions.

Après les destructions de 14-18, s’ouvrit une période de reconstruction avec concentration et modernisation des installations entraînant une surproduction.

Deux Plans, forme d’étatisme, furent institués pour réguler la production.

Après la deuxième guerre mondiale, des mesures fiscales, souvent changeantes, ont concerné surtout la production d’alcool de betteraves.

Alors qu’en 1985, la France restait exportatrice des 3/5 de sa production, il y eut le « Marché commun du sucre »en 1967 et en 2008, la décision de la Commission de Bruxelles de diminuer d’environ un tiers la production de betteraves et celle de sucre.                                                   3

Car, depuis quelques années, l’éternelle lutte entre la canne et la betterave  rebascule au profit de la première pour des raisons économiques, essentiellement de main-d’œuvre et de facilités de production, sans parler des règlements des quotas en Europe.

 En 2001, sur la production mondiale de sucre, les deux tiers déjà provenaient de la canne.

DE LA BETTERAVE SUCRIERE ET DE SON EXPLOITATION

Cette histoire est longue. Il faudrait rappeler sa concurrence avec celle du sucre de canne colonial, le blocus continental sous Napoléon qui a créé le début de cette culture en France, les mesures législatives et fiscales freinant ou accélérant son développement, la concurrence avec l’Allemagne dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les conflits d’intérêts avec les planteurs, la rivalité entre sucriers et distillateurs. Pour obtenir du sucre, il faut d’abord de bonnes betteraves et de bonnes semences, savoir la cultiver et la soigner !

De la famille des « chénopodées », la betterave, annuelle jadis à l’état sauvage, est devenue bisannuelle sous l’influence de la culture, du climat, de la sélection etc., c’est-à-dire en ne donnant de graines que la deuxième année. Ce qu’on appelle la racine est en fait un renflement de la tige.

Il existe de multiples variétés de betterave sucrière (en plus  de la betterave fourragère blanche qui en est l’origine et de celles destinées de préférence à la distillerie). Déjà Delessert, dit Michaux, n’employait que les betteraves jaunes « ni les blanches, ni les roses, ni les cerclées de rose, ni les parisiennes ».

Elles proviennent  par sélections et  croisements de la betterave blanche de Silésie, celle utilisée au début de cette industrie.

Les betteraves françaises se sont donc diversifiées en blanches à collet rose, en

Brabant à collet vert, en demi-sucrières à collet gris, en « améliorée » de Vilmorin, en « française  riche » de Fouquier d’Herouel, puis encore de nombreuses variétés.

Celles-ci sont utilisées en fonction de leur teneur en saccharose mais aussi en fonction de leur rendement, de leur conservation, selon les climats et les sols de l’exploitant. Actuellement, la petite vingtaine de variétés  est identifiée  par une coloration artificielle différente des semences.

En 1812, la blanche de Silésie donnait trois kilos de sucre par tonne de betteraves.

En 1822, après amélioration génétique, on obtenait 30 kilos de sucre. En 1990, 150 kilos.

Quelques dates de cette évolution :

 -1788 :l’abbé de Commerel  introduit en France la betterave commune dite racine de disette.

 -1812 puis 1850 : travaux de Louis de Vilmorin par sélection généalogique.

 -1890 : Fouquier d’Herouel fait passer la teneur en saccharose de 6 à plus de 20 %.

 -de 1900 à 1940 : on croise famille et lignées.

 -1935 : apparition des betteraves polypoïdes à 36 chromosomes au lieu des diploïdes à 18 chromosomes.

 -de 1960 à 1965 : développement des betteraves polypoïdes.

 -1985 : variétés résistantes à la rhizomanie (maladie apparue en 72-77).

Actuellement, on utilise des variétés hybrides à partir d’une souche de départ monogerme et d’une deuxième souche multigerme qui donne une variété hybride, diploïde ou téraploïde. 


Sauf erreur de notre part vous n avez pas encore renouvelé votre adhésion 2012; nous avons besoin de vous !

Un reçu fiscal vous sera adressé en début d'année 2013 pour tout don déductible à 66% de l’impôt  .


 Bulletin d'inscription à l'Association pour la Sauvegarde de la Sucrerie de Francières-    Année 2012

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– http : //perso.wanadoo.fr/sucrerie-francieres  (
e-mail : michel.varoqueaux @wanadoo.fr).