Association pour la Sauvegarde de la Sucrerie de Francières

LA LETTRE DE LA SUCRERIE
N° 62 - JUILLET 2013

Compte-rendu de l’Assemblée Générale du 25 MAI 2013

L’assemblée générale ordinaire s’est déroulée sous la présidence de Madame Anne Baleix, en présence de 28 adhérents et 72 procurations validées. Messieurs Samuel KAUFFMANN et Daniel LEFEBVRE, de PLANETE SCIENCES PICARDIE, nouveau gestionnaire, assistent à la réunion en invités.
Madame BALEIX, vice-présidente, fait la présentation des comptes de l'exercice 2012 qui sont approuvés à l'unanimité ; Le rapport moral, présenté par Madame Baleix, est adopté. Il rappelle que, sous l’impulsion du Conseil Régional de Picardie, les espaces muséographiques ont été inaugurés, en décembre 2012, par Madame Claudie Haigneré, Présidente d'Universciences.
La fin de l'année 2012 a été consacrée à l'élaboration de conventions : convention de programme avec les institutionnels comme la Région Picardie et convention de mise à disposition des locaux rénovés à un gestionnaire exploitant : Planète Sciences Picardie, qui assurera l'animation et l'ouverture de la sucrerie au public. Ces conventions ont été finalisées fin Mars 2013.
Planète Sciences Picardie ouvre depuis le 1er mai 2013 le premier week end de chaque mois et en semaine sur réservation pour les groupes.
M. Kaufmann, directeur est invité à présenter son projet d'animation visant d'une part les jeunes, d'autre part le grand public. M. Kaufmann, après avoir souligné la réussite de la réhabilitation déjà conduite, développe les trois thèmes pivots des animations conduites sur Francières : le patrimoine historique, la chimie du sucre, les agro-ressources ; le public sera invité à venir vivre ici des expériences, progressivement.
Au 2è trimestre, chaque semaine, deux journées entières de visites ont été assurées pour les groupes qui en avaient fait la demande à l'ASSF depuis la fin du chantier.
Il souligne l'authenticité du site de Francières ainsi que le consensus et le capital de sympathie autour du produit "sucre".

Pour le projet associatif, ASSF entend poursuivre la mise au point d'une base de données regroupant nos données historiques et archives recueillies depuis 16 ans afin d'en donner accès au public, aménager un local associatif afin de permettre une vie associative active, puis rechercher les moyens de réhabiliter le laboratoire avec ses bénévoles.
Afin de nous permettre de mener à bien ces projets, l'assemblée décide à l'unanimité d'augmenter le montant de la cotisation annuelle en 2014 à 15 euros (10 pour les habitants de Francières).

Enfin,il est procédé aux élections au CONSEIL D’ADMINISTRATION .




La Présidente rappelle que les mandats de 4 membres du Conseil d’Administration expirent lors de la présente AG : Mme BALEIX, Mme BRICOUT, M. BESSON, M. COULOMBEL,

-se sont représentés au 18 Mai : Mme BALEIX, Mme BRICOUT, M. BESSON, M. COULOMBEL, -s'est porté candidate : Mme Sylvianne HÉAU.
Ces cinq candidatures sont acceptées à l'unanimité et à compter de ce jour, la composition du Conseil d’Administration est la suivante :

Mesdames BALEIX Anne , BRICOUT Isabelle , HEAU Sylviane et PHILIPON Anne Marie ; messieurs BESSON Bernard , BOURDIER Jean-Pierre, BRICOUT Jean Pierre, COULOMBEL Philippe , HIQUEBRANT Joel , LERIBLE Pierre .

Le Conseil d'administration nouvellement élu a désigné le bureau
Présidente, Anne BALEIX ,
BESSON Bernar
d, Trésorier,
BRICOUT Isabelle, Secrétaire
et élu Sylviane HÉAU, Secrétaire Adjoint.

Madame Baleix remercie les bénévoles qui ont apporté leur concours au cours de cette année et propose aux nouveaux volontaires de s'inscrire dans les projets à venir, on aura besoin de nouvelles énergies dès Septembre.



Si
vous ne l’avez fait en 2013, renouvelez votre adhésion à l'ASSF ;
votre règlement
12 Euros minimum -8 euros pour les habitants de Francières
est à adresser au Siège Social
: 43 rue du Bout du Monde 60190 Francières
http://sucrerie-francieres.pagesperso-orange.fr/
contact.sucrerie@gmail.com



Dernières Nouvelles

*
La sucrerie a participé à une nouvelle manifestation annuelle organisée par le Conseil Régional , "le Printemps de L'Agriculture", du 25 mai au 1er Juin,

* Un Comité de Pilotage du projet comprenant des représentants des quatre structures est désigné pour le suivi du projet. Il s'est réuni pour la première fois, le 5 juin dernier.

Journées du patrimoine : Planète Sciences Picardie ouvre au public 10H-12H ; 14H 18H Samedi 14 Septembre : visite école -présentation chapelle Dimanche 16 septembre : visite guidée de l'ensemble du site de la sucrerie de 14H à 17H

Parenthèse estivale : de l'introduction du sucre de canne en Europe et en France.
émission de FR du 30/1/13 "Epopée du sucre
"

- A Venise, au XV° siècle, le sucre arrivait des ports du Moyen Orient, ayant d’abord été transporté à dos de chameau. Venise aurait, à ce moment, créé la première raffinerie de sucre.
-Le futur Henri III, roi de Pologne y aurait été reçu fastueusement, sans doute au début de 1574. (Henri, duc d’Anjou, 3°fils d’Henri II, après François II et Charles IX, a été élu roi de Pologne en juin 1573. Il y est arrivé en décembre 1573, sous le nom de Walezy, puis 5 mois après, a fui la Pologne ayant appris la mort de Charles IX et devint roi de France. Lors d'un banquet, ses couverts, serviettes etc. se sont brisés, car réalisés en sucre.
-Progressivement au XVII° siècle, l’influence de Venise baissa. Et en lieu et place des familles nobles, la bourgeoisie occupe le devant de la scène, enrichie essentiellement par le sucre, malgré les autres denrées, épices, tissus etc.
-Vers 1638, les terres à cannes à sucre d’Orient étaient épuisées et l’Europe entière, qui avait commencé à remplacer Venise dans le commerce méditerranéen, dont Amsterdam, a recherché de nouvelles terres vers les Amériques, pour créer une culture de la canne. Ce furent d’abord par les Portugais au Brésil, découvert en 1500. Jean III le colonise car il est favorable à la culture de la canne. Les indiens locaux refusent d’y travailler et fuient dans les montagnes. D’où la traite des noirs d’Afrique et la déportation de 5 millions d’esclaves. Lorsqu’ils découvrirent la baie de Rio, les colons admirèrent le mont "Pain de sucre" leur rappelant le sucre moulé.
-Puis, au milieu du siècle, l’influence des portugais baissa au profit de celle des anglais et français avec Colbert, qui ouvrit des comptoirs au Sénégal et en Guadeloupe.
- Sous Louis XIV, le goût des français, habitués jusque-là à une nourriture à base d’épices et acide, change. Pour montrer sa puissance et la richesse de la France, Louis XIV aima à se servir du sucre, cher et rare. En 1668, lors de l’inauguration du début des jardins de Versailles, il crée l’événement en faisant accrocher dans les arbustes des confiseries et fruits confits.
-Sur la table royale, il y avait un sucrier, muni d’une serrure dont seul le roi avait la clef. Et il en offrait un morceau à celui qu’il voulait honorer.
-Après 1683, les logements du château sont terminés. Les menus de l’époque sont riches en entremets, pâtisseries etc. (en plus de la sauce blanche), nouveautés de l’époque.


ESSAI DE RESUME DE L’EVOLUTION DES TECHNIQUES
D’EXTRACTION DU SUCRE DE BETTERAVE (extraits)

par Michel Varoqueaux

L’histoire de l’industrie sucrière en France est difficile à résumer, du début du XIXe siècle à nos jours.
Dérivée au début de l’extraction du sucre de la canne, connue depuis longtemps, elle a été compliquée par rapport à la canne, par la présence, pour la betterave, d’impuretés, de couleur, d’odeur et de goût désagréables. C’est une multitude de progrès successifs de détails avec quelques grandes inventions comme l’introduction des machines à vapeur puis la récupération de celle-ci, la diffusion, la double carbonatation, le triple effet, la centrifugation. Au fil des ans, on a amélioré les chaudières, les circuits de distribution, la récupération des eaux, réglé les problèmes de robinetterie ou de vannes…
Chaque évolution, nécessitant des investissements financiers nouveaux, voyait se poursuivre des techniques anciennes dans de petites unités durant encore plusieurs années. A chaque invention, correspondait un abaissement du prix de revient et une amélioration de la rentabilité en sucres extraits, en frais de personnel, de transports, de combustibles. On a amélioré l’arrivée des betteraves à l’usine (bascules, péniches, voies ferrées normales ou de 60, camions et même parfois téléphériques), et réduit ce transport de la création de râperies périphériques amenant, à l’usine centrale, le jus de betterave déjà passé par la diffusion. La richesse en sucre des betteraves est connue depuis Olivier de Serres au début du XVIIe siècle. Mais il fallut attendre le XVIIIe pour en trouver l’intérêt pratique.
La technique d’extraction est théoriquement simple : obtenir un jus de betterave, nauséabond et inconsommable, puis le purifier, le concentrer, le cristalliser et le sécher. Elle est à peu près inchangée depuis 1880 à part l’augmentation de la taille des machines.
A l’arrivée des betteraves, des échantillons sont prélevés pour estimer leur teneur en sucre sur un filtrat de râpures. (on estime approximativement qu’un mètre-carré de betteraves produit un kilo de sucre). Les betteraves sont débarrassées des herbes et des pierres, lavées, puis passent dans un coupe racines qui les découpe en fines lamelles, les cossettes.
Celles-ci vont dans une diffusion, où, en présence d’un flux inverse d’eau chaude légèrement sucrée, elles perdent de leur sucre au profit de celle-ci. Pour enlever les impuretés, on ajoute du lait de chaux (chaux éteinte) au jus de diffusion, (c’est le chaulage ou la défécation) puis on fait passer du gaz carbonique (la carbonatation) et on a la formation d’un précipité.
Aprés la 2éme carbonatation on filtre sur des toiles ou des poches en toile, pour éliminer les boues très fines formées en carbonatation et afin d'obtenir un jus sucré parfaitement clair (c'est un process mécanique).
Ensuite, (avant évaporation) on passe sur des résines échangeuses, pour retenir les ions calcium (c'est un procédé chimique), ce qui évitera les dépots calcaires sur les tubes des évaporateurs et le " trouble " dans les sucres de qualité .
La moindre fuite en filtration - toiles ou poches percées - entraîne le blocage des résines et l'arrêt de la tête d'usine, en amont de l'évaporation. A ce niveau de process le jus contient 13% de sucre.
Puis on passe à l’évaporation qui donne une teneur de 65 % de sucre (Evaporation cristallisation).
On obtient la cristallisation dans des cuites sous vide (chauffées à 80° maximum, pour éviter la caramélisation) et on pratique trois cuissons successives. Lorsque les premiers cristaux apparaissent, on peut accélérer leur formation par le « grainage » avec du sucre glace. Le résultat passe en bacs de malaxage où les cristaux refroidissent et grossissent.
Par essorage en turbines, « on les trie ». Le sucre blanc libéré est lavé rapidement par pulvérisation d’eau et de vapeur, c’est le clairçage.
Le sucre cristallisé obtenu est ensaché ou mis en morceaux dans des moules passés en étuve.

Par quelles recherches, découvertes, perfectionnements, en est-on arrivé là ?

Le précurseur, l’Allemand Marggraf, à partir de 1747, extrayait le sucre de la betterave réduite en poudre, en la dissolvant dans l’alcool puis chauffait ce soluté sans bouillir, le filtrait et attendait la formation de cristaux (longtemps!), puis l’évaporait. Puis il inventa la presse de la betterave pilée, évaporait, écumait et clarifiait au sang de bœuf. Ensuite il concentrait au feu, puis attendait six mois en étuve la formation de cristaux de sucre, qu’il séchait entre deux feuilles de papier. Un autre allemand, Achard, reprit ces travaux pour les appliquer industriellement et fonda la première fabrique de sucre en 1802. Il inventa le râpage des betteraves, la défécation à l’acide sulfurique, la saturation par la craie et la chaux...


La Sucrerie est ouverte le premier week-end complet de chaque mois (samedi et dimanche) de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.
Tarif 6€, 5€ pour les 7-16 ans, gratuit pour les moins de 7 ans.
Les autres visites (groupes, scolaires) se déroulent sur réservation.
Téléphone : 09 81 35 69 53 lundi et mardi de 9h à 17h30 ou à sucrerie-francieres@planete-sciences.org