Association pour la Sauvegarde de la Sucrerie de Francières

LA LETTRE DE LA SUCRERIE

N° 59 – OCTOBRE / NOVEMBRE 2012

Compte-rendu de l’Assemblée Générale du 13 Octobre 2012

L’assemblée générale ordinaire s’est déroulée sous la présidence de Michel Varoqueaux en présence de 28 adhérents et 73 procurations validées.

Monsieur Jean-Marie SOËN, maire de Francières, assiste à la réunion ainsi que M. BONTE, Président de l'Association des Deux Montagnes et Monsieur Samuel KAUFFMANN, Directeur de PLANETE SCIENCES PICARDIE ainsi que M. HAMART qui a assuré le commissariat aux comptes pour ACOGEX.

Madame BALEIX, vice-présidente, fait la présentation du rapport financier relatif au chantier ainsi que celle du compte de fonctionnement de l’Association  ; ils sont approuvés à l’unanimité . Un résultat d'exploitation positif nous permet d'envisager la poursuite de nos projets sur 2012/2013, notamment l'aménagement d'un local pour l'Association permettant la tenue des ateliers des bénévoles et le rapatriement des archives à la sucrerie .

Le rapport moral, présenté par Monsieur Varoqueaux est adopté à l’unanimité.

Les perspectives pour 2012/2013 étant bien engagées du fait de la date tardive de l'assemblée générale , Monsieur Varoqueaux demande à M. Samuel KAUFMANN de présenter l' association qu'il dirige avec laquelle nous sommes en discussion pour la mise en place d'un partenariat au 1er janvier 2013 sur l'animation et l'ouverture aux visites scolaires et grand public du centre d'interprétation de Francières .

Enfin,il est procédé aux élections au CONSEIL D’ADMINISTRATION .

Le Président Varoqueaux rappelle que les mandats de 4 membres du Conseil d’Administration expirent lors de la présente AG.

- se sont représentés au 30 juin : Madame PHILIPON et M. HIQUEBRANT Joel

- il a ensuite été lancé un appel à candidature clos le 30 Septembre et se sont portés candidats : Messieurs BOURDIER Jean-Pierre, BRICOUT Jean-Pierre, et LERIBLE Pierre.

Ces cinq candidatures sont acceptées à l'unanimité et à compter de ce jour, la composition du Conseil d’Administration est la suivante :

Mesdames BALEIX Anne , BRICOUT Isabelle et PHILIPON Anne Marie ;

messieurs BESSON Bernard , COULOMBEL Philippe , BOURDIER Jean-Pierre, BRICOUT Jean Pierre, COULOMBEL Philippe , HIQUEBRANT Joel , LERIBLE Pierre .

Le Conseil d'administration nouvellement élu se réunit afin d'élire une nouvelle Présidente, Anne BALEIX et le nouveau bureau est composé de BESSON Bernard, Trésorier,BRICOUT Isabelle, Secrétaire et HIQUEBRANT Joël, Secrétaire Adjoint.

Au nom du CA et de l'Assemblée, Madame Philipon adresse à Michel Varoqueaux leurs remerciements pour le travail acharné, accompli avec ténacité et humour, de 2000 à 2012 .

Sur proposition de Madame Baleix, le nouveau Conseil d'administration propose à l'AG de nommer Michel VAROQUEAUX Président d'honneur à vie . Cette proposition est acceptée à l’unanimité .

Nous aurons donc deux Présidents honoraires : LANTHIEZ André et VAROQUEAUX Michel

Mme BALEIX remercie le CA de sa confiance et précise le programme qu'elle lui a proposé.

Elle propose aux nouveaux volontaires de s'inscrire dans les projets à venir -travail historique , sauvegarde de matériel et maquettes de process pédagogiques, réhabilitation des bâtiments , site web et outils de communication- ou de faire connaître les aides ponctuelles qu'ils pourraient apporter : compétences, moyens particuliers .

Un pot convivial clôt notre assemblée autour de Monsieur Varoqueaux . Il est prévu de lui remettre un album de photos de la sucrerie réalisé par un habitant de Francières, photographe professionnel , Gérard Choquet .

Dernières Nouvelles

La journée du patrimoine a eu lieu le dimanche 15 septembre de 14 heures à 18 heures et a permis d'accueillir 500 personnes .

Le 11 octobre, en marge des manifestations organisées dans le cadre de la Fête de la Science, nous avons pu accueillir un groupe de Coucy le Chateau .

L' Association a obtenu une subvention de fonctionnement de la Région Picardie pour l'exercice 2012, ce qui lui a d'ores et déjà permis de moderniser son équipement informatique et d'envisager la mise au point d' une base de données centralisée de nos données historiques et archives recueillies depuis 16 ans .

Toute demande de visite de groupe scolaire ou non est recevable dorénavant à une seule adresse mail                                    sucrerie-francieres@planete-sciences.org

même si les visites ne pourraient être organisées qu'à partir de début 2013. Nous avons déjà transmis toutes les demandes déposées depuis l'ouverture des nouveaux espaces muséaux .

Nous sommes toujours en attente d'une date pour l'inauguration officielle.

Pour voir les reportages sur la sucrerie ou sur le sucre, nous vous recommandons d'aller sur le site webtv.picardie.fr et de saisir dans le cadre en haut à droite "sucre" ou "sucrerie " .

VESTIGES INDUSTRIELS par Michel Varoqueaux : Suite

LES SEMENCES.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les semences provenaient d’Allemagne et le premier semencier français fut François Gorain qui publia en 1886 et 1894. Il y eut ensuite les Legras, Simon, Menesson, Say…

Les deux procédés actuels de production de semences sont :

-la culture de betteraves portes- germes (culture repiquée), 1 ha de pépinière donnant de 10 à 15 ha de cultures de portes-germes.

-la culture en semi-directe depuis 1970 moins onéreuses, pour les seules exploitations familiales.

Les progrès ne sont pas terminés. En juin 2009, un des grands semenciers français déclarait dans le Courrier Picard : « Nous travaillons à rendre la betterave plus compétitive pour concurrencer la canne à sucre et arriver à un rendement de 100 t de betteraves à l’hectare dans les cinq ans à venir au lieu des 85 à 90 t actuelles. Nous créons des semences tolérantes au nématode, résistantes à la rhizomatose et à la circosporiose et adaptées aux conditions climatiques de la Picardie ».

Actuellement, les planteurs achètent souvent leurs semences auprès de la sucrerie qu’ils fournissent.

LA CULTURE DE LA BETTERAVE

Elle entraîne au 19e siècle une modification du paysage avec dans plusieurs régions de l’Oise une déforestation pour augmenter les surfaces cultivables et le remplacement des jachères par cette culture. Elle entraîne aussi un bouleversement social avec l’emploi hivernal des ouvriers agricoles, la mutation de beaucoup en ouvriers d’usines, un accroissement de revenus des fermes qui multiplièrent au début de multiples petites fabriques artisanales puis, plus tard, le rachat de terre et de petites exploitations par les sucreries devenues plus importantes et assurant en grande partie leur propre production betterave.

Parallèlement aux progrès des techniques industrielles et de l’amélioration de la qualité des betteraves, toute une évolution de la culture avec une mécanisation croissante a eu lieu jusqu’à ce jour.

Il a fallu (cela est valable pour l’ensemble de l’agriculture) dit M. Sterlin « abandonner l’araire pour le brabant (avec deux roues puis talon-contre et rasette puis un second déversoir permettant de rejeter aussi la terre à gauche) permettant un sillon plus profond et une terre plus travaillée. » Et remplacer les semailles à la main par des semoirs à ergots sur trois puis six rangs.

Apprendre vers 1830 à ne pas couper trop tôt les feuilles des betteraves.

Apprendre les engrais.

Si on ne connaissait au début du XIXe siècle que le fumier et la chaux, au milieu du siècle sont apparus le crude-ammoniac (sous-produit du gaz d’éclairage) puis les engrais azotés, les désherbants supprimant le pénible binage, les insecticides et fongicides…

La mécanisation se poursuivit avec l’apparition au début du XXe siècle de machines à vapeur et de loco-tracteurs qui tiraient les engins aratoires par câble d’un bout à l’autre des champs. Puis les tracteurs à partir de 1918, puis les camions qui remplaceront la traction animale. Pour finir actuellement par les « machines intégrales ».

Après 150 ans de travail de la terre dans la boue et la pluie, sans bottes de caoutchouc, le planteur actuellement n’a presque plus besoin de descendre de sa machine.

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Voici le travail de la terre par les ouvriers agricoles de 1812 à la moitié du XXe siècle.

« Jadis » après labour et hersage de la terre :

-en avril : les graines étaient semées en ligne à la main avant l’apparition des semoirs. Puis les graines furent humidifiées préalablement. Ensuite passage du rouleau.

-suivait le « démariage » à 1-2 cm de diamètre de la racine. Car ce que l’on appelle la « graine »est en fait une fleur contenant plusieurs semences.

Arrachage du surnombre pour espacer les plans et repiquages là où les grains avaient avorté.

-plusieurs sarclages ou binages à la houe suivent durant la pousse. «On ne fait jamais assez de binages ».

-l’arrachage se faisait quand les feuilles commencent à faner, avec une petite fourche à deux dents.

-ensuite on « étêtait » la tête portant les feuilles au couteau ou avec une petite bêche. C’est ce qu’on appelait « le décolletage ».

-les betteraves étaient ramassées en tas recouverts de feuilles ou mises en silos, recouverts de terre.

-au début de la campagne, le chargement se faisait à la fourche dans les tombereaux et les transports à la sucrerie avec des brouettes.

Travail harassant, par tout temps, le corps plié en deux.

« Dans ce temps du grand temps d’avant

On travaillait

Genoux en terre

Les pieds dans l’eau

Des huit-dix heures

Parfois des seize en grande saison

Même sous la lune… »                                                         Paroles de Betteraves

QUELQUES DATES DE CETTE EVOLUTION

Parallèlement à l’évolution de la technologie dans les fabriques et à l’amélioration progressive des variétés de betteraves et des semences, il y eut l’apparition de la mécanisation agricole.

Ces progrès de l’agriculture sont redevables au début du XIXe siècle par les découvertes des fermes expérimentales avec enseignement agricole comme celle de Mathieu de Dombasle

(1777-1843) qui préconise à la charrue et le chaulage .

1830 : on apprend à ne pas couper les feuilles des betteraves avant le flétrissage

1876 : début de la mécanisation agricole.

1884 : l’impôt sur les fabricants n’est plus basé sur la quantité de sucre produite mais sur le rendement en sucre de la betterave. Il impose un effort aux planteurs en plus des fabricants.

1886 : procédé Steffen. Azote et phosphates. Labours et binages profonds.

La betterave remplace la jachère. La pulpe de betterave est donnée au bétail.

1890 : apparition des chemins de fer locaux avec voies de 60 Decauville tirés par des chevaux ou des bœufs au début puis par locomotive.

1895 : installation de bascules au plus près des producteurs et dans les gares à partir de 1900.

1910 : prototype d’arracheuse.

1924 : arracheuse de type combiné mais rencontrant peu de succès.

1936 : l’arrachage mécanique se développe.

1947 : démarrage des « chargeuses ».

1955 : arracheuses auto-motrices.

1958 : apparition de semeuses et arracheuses permettant des « chantiers » décomposés à trois puis six rangs.

1960 : variétés de betteraves polypoïdes et monogermes à une seule plantule, supprimant le pénible démariage.

1961 : mise en place du désherbage chimique et des herbicides, supprimant le binage.

1962 : les effeuilleuses remplacent les décolleteuses.

1964 : semoirs de précision. Ramasseuses chargeuses.

1965-1969 : insecticides.

1966 : arrivent les effeuilleuses chargeuses.

1967 : chantiers décomposés. Décolleteuses à rateau-cliqueur, arracheuses-aligneuses, ramasseurs-chargeurs puis naissance de l’ « intégrale » ;

1968 : apparition des « betteraves mauvaises herbes » et de la rhizomatose.

1976-1980 : fongicides.

1985-1986 : variétés tolérantes aux maladies précédentes.

Depuis, les engins agricoles se sont encore modernisés, de nouvelles maladies et parasitoses de la betterave apparaissent, contrebalancées par des variétés résistantes. Par ailleurs, on s’efforce de limiter l’usage des traitements par des diagnostics locaux précis.

cartes d'adhérents et reçus fiscaux seront adressés en début d'année prochaine :

à ce jour 162 adhérents ont renouvelé leur cotisation pour 2012.Les tarifs resteront inchangés en 2013

Il reste des médailles commémoratives "200è anniversaire de l'industrie sucrière en France" au prix de 25 €

Siège Social : 43 rue du Bout du Monde 60190 Francières, Adhésion annuelle : 12 Euros - 8 euros pour les habitants de Francières – mail : contact.sucrerie@gmail.com
http : //perso.wanadoo.fr/sucrerie-francieres
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