LA COUR A BETTERAVES – LES CANIVEAUX
![]() © Croquis ASSF 2011 |
La cour à betteraves s’étend le long de la route, en avant de la distillerie bâtie en 1880.
A l’origine, les betteraves entraient par la cour appelée depuis « cour d’honneur ». Au milieu du XIXe siècle, l’entrée se fit par un bâtiment-porche avec bascule, situé au sud de l’aile abritant plus tard les bureaux.
Le système dit « transporteur hydraulique » consiste à déverser les betteraves dans des caniveaux et à entraîner celles-ci vers l’usine grâce à un courant d’eau, ceci évitant le pénible maniement à la fourche.
Dès 1894, ce système fut proposé par Druelle mais refusé par le Conseil d’administration en raison de son prix.
C’est en décembre 1906 que Gaston Benoit le propose de nouveau car « il supprime les postes d’un laveur, d’un secoueur ainsi qu’une hélice ».
De ces deux caniveaux, seul celui près de la route reste visible, celui en arrière ayant été rebouché après la fermeture de l’usine.
(simultanément, la roue à eau éboueuse à l’extrémité des caniveaux contre l’usine, sera remplacée par un émulseur à air comprimé).
En 1907 furent donc creusés ces deux caniveaux parallèles à la route, numérotés « 2 ». Les betteraves entraient désormais en passant par deux bascules, pesant les chariots puis les camions, pleins puis à vide.
Construits en brique, leur section était en « V ». A ciel ouvert dans la zone de déchargement, la fin des caniveaux jusqu’à la fosse de désherbage, sur un tiers terminal, était couverte. ( lorsqu’il fallait quotidiennement les curer, le personnel était obligé de se traîner à quatre pattes, dans l’eau et l’obscurité).
© Clichés ASSF 2011Entre ces deux caniveaux la zone numérotée « 5 » servait de silos, les betteraves étant ramenées dans les caniveaux par les jets d’eau.
En 1911, ils furent bétonnés. Et l’eau sous pression fut projetée par de puissantes lances appelées « mitrailleuses d’abattage ».
En 1929, les caniveaux furent refaits avec des parois verticales et un fond arrondi. Simultanément, la chasse d’eau fut plus puissante.
En 1964, ils furent refaits à fond plat, avec une meilleure pente et surtout la partie souterraine fut ouverte, recouvertes de traverses de chemin de fer, ce qui permettait le curage par le haut en soulevant ces traverses numérotés « 6 ».
L’ensemble de ce transporteur hydraulique fut recouvert en 1924 par un grand hangar numéroté « 4 » pour abriter le personnel et permettre le travail de nuit. Mais vers la fin, il fallut le démonter car il ne permettait pas les manœuvres des camions nouvellement arrivés.
Mais il existait un autre caniveau, derrière la distillerie, numéroté « 1 » et datant sans doute de l’apparition du chemin de fer, servant au déchargement des wagons après 1890. Il est en briques et non cimenté et raccordé en souterrain à la fosse de désherbage.
En 1926, un quatrième caniveau, toujours numéroté « 3 » fut creusé pour acheminer les betteraves de ce hangar à l’usine. Il passe entre la dernière maison du sud et la halle de stockage, longe la distillerie avant d’aboutir à la fosse de désherbage près de l’usine. Il mesure 200 mètres au total et dans sa partie passant sous le hangar de la cour à betteraves, il comporte une partie souterraine sur 150 mètres avec un regard tous les 30 mètres pour le curage.
En 1911, un grand hangar de 1000 m² fut construit au Sud de la cour derrière la dernière maison, numéroté « 3 » pour pouvoir recevoir un million de betteraves, arrivées par voie ferrée, et le caniveau « 1 » ne servit plus qu’à recevoir coke et charbon.