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Premières sucreries

Les premières sucreries apparues dans l’Oise :


La raffinerie de Passy - An 12 - Coll. Josselin Vecten

Dès 1811, le site de Saint-Just-des-Marais, près Beauvais est retenu pour l’implantation d’un établissement de ce type, deux autres suivront à Senlis mais tous disparurent rapidement. Il fallut attendre 1825 pour que réapparaissent des fabriques «nouvelle formule » dans le Noyonnais. La première fut créée en 1825 à Pont-Lévêque, suivie en 1828 par celle de Villeselve. En 1829 naquirent celles de Francières, Villeneuve sous Verberie, Appilly et le Mesnil Saint Firmin. Suivront : en 1834 Montmartin, Muirancourt, Libermont. En 1837 Bornel, Bresles, Noyon, etc

Au total, 55 sucreries ont fonctionné plus ou moins longtemps dans notre département.


DECRET IMPERIAL

Au Palais des Tuileries, le 25 mars 1811

NAPOLEON, Empereur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération de Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse, etc. etc. etc.

Sur le rapport de la commission nommée à l'effet d'examiner les moyens proposés pour naturaliser, sur le continent de notre Empire, le sucre, l'indigo, les cotons, et diverses autres productions des deux Indes

Sur la présentation qui nous a été faite d'une quantité considérable de sucre de betterave raffiné, cristallisé, et ayant toute les qualités et propriétés du sucre de canne ;

Sur la présentation qui nous a été également faite au conseil de commerce, d'une grande quantité d'indigo extrait de la plante du pastel, que produisent en abondance les départemens du midi de notre Empire, lequel indigo a toutes les propriétés de l'indigo des deux Indes ;

Ayant droit de compter qu'au moyen de ces deux précieuses découvertes, notre Empire ne tardera point à être affranchi d'une exportation de cent millions, nécessaire jusqu'à ce jour pour fournir à sa consommation en sucre et en indigo,

NOUS AVONS DECRETE ET DECRETONS ce qui suit :

Art. 1er Il sera mis dans notre Empire, jusqu'à la concurrence de trente-deux mille hectares en culture de betteraves propres à la fabrication du sucre.

Art. 2. Notre ministre de l'intérieur fera la distribution de ces trente-deux mille hectares entre les départemens de notre Empire, en prenant en considération les départemens où la culture du tabac était établie, et dont les terres sont, par leur nature plus favorables à la culture de la betterave.

Art. 3. Nos préfets prendront des mesures pour que les quantités d'hectares affectés à leurs départements se trouvent en pleine culture cette année, et au plus tard l'année prochaine.

Art. 4. Il sera mis dans notre Empire, jusqu'à concurrence d'un nombre d'hectares déterminé ; en culture de pastel propre à la fabrication de l'indigo, et dans la proportion de la quantité nécessaire à nos manufactures.

Art. 5. Notre ministre de l'intérieur en fera la distribution entre les départements de notre Empire, en prenant particulièrement en considération les départemens au-delà des Alpes et ceux du Midi, où cette culture a fait autrefois de grands progrès.

Art. 6. Nos préfets prendront des mesures pour que les quantités d'hectares affectés à leurs départemens se trouvent en pleine culture au plus tard l'année prochaine.

Art. 7. La commission désignera, avant le 04 mai, les lieux les plus convenables pour l'établissement de six écoles expérimentales, où l'on enseignera la fabrication du sucre de betterave, conformément aux procédés des chimistes.

Art. 8. La commission désignera également, et à la même époque, les lieux les plus convenables pour l'établissement des quatre écoles expérimentales, où l'on enseignera l'extraction de la fécule du pastel et la fabrication de l'indigo, suivant les procédés approuvés par elle.

Art. 9. Notre ministre de l'Intérieur fera connaître aux préfets les lieux où seront placées ces écoles, et où devront être envoyés les élèves destinés à cette fabrication. Les propriétaires et cultivateurs qui voudront assister aux cours des dites écoles expérimentales, y seront admis.

Art. 10. Les sieurs Baruel et Isnard qui ont perfectionné les procédés de l'extraction du sucre de la betterave, seront spécialement chargés de la direction de deux des six écoles expérimentales.

Art. 11. Notre ministre de l'Intérieur leur fera donner en conséquence, en gratification, la somme nécessaire pour la formation desdits établissemens, laquelle somme sera prise sur le fonds d'un million que nous mettons à la disposition du dit ministre, au budget de la présente année 1811, pour l'encouragement de la fabrication du sucre de betterave et de l'indigo du pastel.

Art. 12. A compter du premier janvier 1813 et sur le rapport que nous en fera notre ministre de l'Intérieur, le sucre et l'indigo des deux Indes seront prohibés et considérés comme marchandises de fabrication anglaise ou provenant du commerce de l'Angleterre.

Art. 13. Notre ministre de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent décret.

Signé NAPOLEON.

Pour l'Empereur : Le Ministre Secrétaire d'état, signé H.B. Duc DE BASSANO

Pour expédition conforme : Le ministre de l'Intérieur, Comte de l'Empire, MONTALIVET.


ANECDOTE DE 1811

Celle-ci nous a été communiquée par un correspondant dont nous avons égaré le nom. S’il se reconnaît, qu’il veuille bien nous contacter afin de le citer avec nos excuses.

Napoléon Ier occupe toute l’Europe continentale et dans sa lutte avec l’Angleterre, décrète le 25 novembre 1806 le « blocus continental » interdisant les ports aux navires britanniques.
Ceci provoque la pénurie de certaines matières premières dont le sucre de canne, bien que moins utilisé à cette époque.
Il faut créer des « ersatz » et le 25 mars 1811 il publie un décret impérial pour « naturaliser sucre, indigo, coton et productions venant des deux Indes ».
( ce décret figure ci-dessus ).

Pour trouver du sucre, on a intensifié les recherches et la betterave a été préférée au raisin. L'Empereur entérine la création définitive de l’industrie sucrière le 15 janvier 1812.
( ce décret ci-dessous)

 

 



Or, depuis 1791, des Français ont émigré à l’étranger, Angleterre, Coblence etc. et dans leur lutte contre la révolution puis Napoléon, entretiennent même des troupes royalistes.
A Londres, les émigrés français par M. Peltier, éditent trois fois par mois « L’Ambigu » ou «  Variétés littéraires et politiques).
En mars 1811, ce périodique en est à son 33e volume. Et il publie in extenso le décret du 25 mars 1811, précédé de ce chapeau :

« Enfin à la grande expérience anticoloniale va être faite. En voici l’ordre péremptoire. L’érable et le raisin n’ont pas satisfait l’attente ; on est revenu à la betterave. Nous verrons incessamment les bons résultats de la nouvelle chimie.

On dit que tout le Champ de Mars de l’Ecole Militaire ne donnerait pas un quintal du sucre nouveau. Nous croyons donc que dans cette guerre des betteraves contre les cannes, ces dernières ne courent pas le risque d’être détrônées ».


Fac simile du décret impérial, faisant suite à la visite de l'Empereur Napoléon du 2 janvier 1812 à Monsieur Benjamin Delessert.

Loi 414-1 Loi 414-2
   
Loi 414-3 Loi 414-4

Transcription :
BULLETIN DES LOIS N°414 –– Décret impérial N°7599 concernant la fabrication du sucre de betterave –
Palais des Tuileries le 15 janvier 1812
…/…

Titre II Culture des betteraves
4 Notre ministre de l'intérieur prendra des mesures pour faire semer dans l’étendue de l’empire cent mille arpens métriques de betteraves L’état de répartition sera imprimé et envoyé aux préfets avant le15 février.

Titre III Fabrication
5 Il sera accordé dans tout l’empire cinq cents licences, pour la fabrication du sucre de betterave.
6 Ces licences seront accordées de préférence
            1 à tous propriétaires de fabrique ou de raffinerie
            2 à tous ceux qui ont fabriqué du sucre en 1811
            3 à tous ceux qui auraient fait des dispositions et des dépenses pour établir des ateliers de fabrication pour 1812.
7 Sur ces cinq cents licences, il en est accordé de droit au moins une à chaque département.
8 Les préfets écriront à tous les propriétaires de raffineries pour qu’ils aient à faire leur soumission, pour l’établissement desdites fabriques pour la fin de 1812.
A défaut par les propriétaires de raffineries d’avoir fait leur soumission au 15 mars ou au plus tard au 15 avril, ils seront considérés comme ayant renoncé à la préférence qui était accordée.
9 Les licences porteront obligation, pour celui qui les obtiendra, d’établir une fabrique capable de fabriquer au moins dix mille Kilogrammes de sucre brut de 1812 à 1813.
10 Tout individu qui, ayant reçu une licence, aura effectivement fabriqué au moins dix mille kilogrammes de sucre brut, provenant de la récolte de1812 à 1813, aura le privilège et l’assurance, par forme d’encouragement, qu’il ne sera mis aucun octroi ni imposition quelconque sur le produit de sa fabrication, pendant l’espace de quatre années.
11 Tout individu qui perfectionnerait la fabrication du sucre, de manière à en obtenir une plus grande quantité de la betterave ou qui inventerait un mode de fabrication plus simple et plus économique, obtiendra une licence pour un plus long terme, avec l’assurance qu'il ne sera mis aucun octroi ni imposition quelconque, pendant la durée de sa licence, sur le produit de sa fabrication.

Titre IV Création de quatre fabriques impériales
12 Quatre fabriques impériales de sucre de betterave seront établies en 1813 par les soins de notre ministre de l’intérieur.
13 Ces fabriques seront disposées de manière à fabriquer, avec le produit de la récolte de 1812 à 1813, deux millions de kilogrammes de sucre brut.
…/…
15 Nos ministres sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au bulletin des lois.

Signé NAPOLEON, par l’Empereur
Le Ministre Secrétaire d’Etat, signé le Compte DARU




Les Précurseurs
(D'autres personnages suivront, avec leurs portraits)

JEAN-ANTOINE CHAPTAL
1756-1832

Chaptal

Originaire de la Lozère, il fit des études de médecine à Montpellier puis de chimie à Paris, travaillant sur les procédés chimiques applicables à l’industrie. Parmi ceux-ci, l’acide chlorhydrique, la vinification (la « chaptalisation » entre autres), les poudres et les nitrates, les textiles… Il bâtit des ateliers et des fabriques de produits chimiques.
Il fut titulaire d’une chaire à Montpellier puis à l’Ecole Polytechnique et membre de l’Académie des Sciences. Déjà anobli par Louis XVI en 1786, il fut nommé ministre de l’intérieur en 1801 par Bonaparte. Il réorganisa l’instruction publique, les musées, mais surtout sur ordre de Napoléon, réorganisa l’industrie et l’artisanat français.
En 1802, il acheta le domaine de Chanteloup près d’Amboise et y travailla sur l’amélioration de l’extraction du sucre de betterave après les travaux de l’allemand Achard : « Instruction sur la préparation du sucre brut, du sirop et de l’eau de vie de betteraves », connu en France vers 1800.

L’Institut de France trouvait ce sucre « amer, fétide et impropre à la consommation », ce qui était vrai et conduisit parallèlement à des expérimentations sur le sucre de raisin. Avant Deyeux, Chaptal remit un rapport de recherches en 1811 à l’Empereur. Averti des résultats des essais de Delessert, il emmena l’Empereur le deux janvier 1812 à la fabrique de Passy.
(On ne sait ce qu’est devenu l’un des deux pains de sucre qu’a remis Delessert ce jour là. Le premier a été remis à Napoléon qui l’a offert ensuite à Marie-Louise, puis qui est resté jusqu’à ces dernières années propriété de la famille du baron Höttinger, descendant du banquier et ami de Delessert et vendu aux enchères en 2007, on ne sait à qui. Par contre on ne sait ce qu’est devenu celui remis à Chaptal.)

Il avait démissionné de son ministère en 1804 lorsque Bonaparte s’est fait proclamer empereur. Nommé sénateur en 1805 - ce qu’il était donc en 1812 - il fut fait Pair de France et ministre d’État durant les Cent jours puis renommé en 1819 par Louis XVIII. Il avait entre temps reçu le titre de comte de Chanteloup. Dans son atelier-laboratoire de Chanteloup, il installa une fabrique de sucre. Mais en 1823, son fils ayant fait faillite, cette fabrique ferma, le domaine ainsi que tous ses autres biens furent mis en vente pour régler les dettes du fils.
Et Chaptal mourut à Paris dans la misère. (Ce qui nous rappelle à la sucrerie de Francières, la fin de Crespel-Dellisse et celle de Bachoux en 1888.)

b


BENJAMIN DELESSERT
1773-1847

Il est devenu célèbre pour avoir porté la recherche sur le sucre de betterave à un stade industriel avec un prix de revient permettant de le commercialiser et avec un stade de purification le rendant à peu près consommable.
La scène du deux janvier 1812 avec Napoléon, est devenue une image d’Épinal connue de tous. Personnage multiple, aux activités diverses, avec un esprit curieux, inventif mais pratique.
Le docteur Guy Héraud, membre associé de l’Académie de médecine qui a beaucoup travaillé sur le sucre avec le CEDUS, a rédigé avec son épouse Colette une importante biographie de Delessert qu’il nous a offerte et comportant des pièces uniques en particulier sur les travaux de botanique de ce chercheur universel. Nous en extrayons le résumé suivant avec nos propres archives.
Son père Étienne après avoir fondé à Lyon une fabrique de tissus de gaze, vint à Paris vers 1777, fonder la banque Delessert puis la première compagnie d’assurances contre les incendies.
Benjamin, après une brillante carrière militaire comme capitaine d’artillerie, reprend en 1796 les affaires familiales tout en s’occupant beaucoup de sciences naturelles au Jardin des Plantes.
Il devint le plus riche collectionneur de plantes avec 250 000 échantillons portant sur 87 000 espèces. Ses collections étaient visitables, il publia beaucoup et ouvrit une bibliothèque de sciences naturelles et de conchyliologie car il s’intéressait aussi aux coquillages, réunissant 100.000 pièces et 25.000 espèces.
Il a donné son nom à deux plantes, une algue la « Delessaria » et une légumineuse la « Lessertia ». Professeur à Genève, il fut nommé membre à titre étranger de l’Académie des sciences de Paris.
Si la botanique est un passe-temps pour Benjamin Delessert, l’essentiel de sa vie est axé sur la philanthropie et l’industrie.
Aidé par ses frères, et reprenant la Caisse National d’Escompte fondée par ses frères, il crée avec de grands négociants en 1800 la Banque de France dont il sera nommé régent et dont le siège sera l’hôtel d’Uzès, la maison familiale.
C’est ainsi que Delessert aidera plusieurs fois le gouvernement de Napoléon.
C’est l’époque où la France est coupée des produits coloniaux et du commerce avec les Amériques. Napoléon et Chaptal demandent à l’industrie de faire de gros efforts pour suppléer à cette carence. Benjamin Delessert se met à travailler dans l’industrie textile, filatures et tissages, y introduisant l’usage de la vapeur qu’il avait découverte en Angleterre jadis chez son ami Watt, et qu’il installe dans son usine e Passy (l’ancien couvent des Bonhommes).
C’est là qu’il crée la première usine de raffinerie en 1801 et il sait s’entourer. Outre les relations et les conseils réciproques avec Jean Antoine Chaptal et le chimiste Nicolas Deyeux, deux employés de Passy ont largement contribué à cette réussite.
Bonmartin qui, vers 1811, découvrit un procédé pour neutraliser l’excès de chaux (donc le goût du sirop) par l’acide sulfurique qui clarifie et épure avant la cuite des sirops. Ce procédé sera remplacé plus tard par la carbonatation.
En juin 1812, le ministère des Manufactures et du commerce, le comte de Sussy, après avoir été averti par Chaptal, a diffusé cette méthode à tous les préfets, à charge pour ceux-ci de le transmettre aux fabricants, aux élèves des écoles spéciales crées par Napoléon, aux sociétés savantes etc.
Et Jean-Baptiste Queruel, lequel est entré à l’usine de Delessert avec son frère cadet Jacques - qui, lui restera contremaître - et gravit tous les échelons, contremaître, puis chef de fabrication.



Autodidacte, ses différents essais commencèrent à donner des résultats à partir de 1807. Il a été le premier à pouvoir « grainer » c’est-à-dire à cristalliser le sucre de betteraves. C’est d’ailleurs lui qui reçut Chaptal puis Napoléon le deux janvier 1812 avant l’arrivée de Delessert et leur présente les deux premiers pains de sucre purifiés et bien cristallisés.
Plus tard, Delessert lui laissera la raffinerie de Passy qu’il dirigera avec ses trois fils puis créera rue de Flandre à La Villette, une raffinerie, cofinancée par Delessert et proche de celle de Lebaudy dont il avait épousé la fille.
Mais seule cette dernière subsistera, les fils successeurs de Queruel ayant été de moins bons gestionnaires.
Donc, le deux janvier 1812 à l’usine de Passy, Napoléon I° remet sa propre Légion d’honneur à Benjamin Delessert et le fait baron.
Delessert a contribué au lancement d’autres fabriques en y envoyant des chefs de fabrication pour poursuivre le programme incité par l’empereur.
En 1814, on en cite une dizaine dont Arras, Namur, Boulogne, Nantes, Montargis, Mont-saint-Martin. Malgré les événements de 1815 et le retour du sucre de canne, il en aurait ainsi créé 21 en 1822.
Pour aider tous ces jeunes manufacturiers qui connaissaient des difficultés, il créa avec Augustin de Candolle la « Société d’encouragement pour l’Industrie ».
Ceci par de nombreux prix et des avances de trésorerie contribuant au perfectionnement de la fabrication et du conditionnement.
Pour le sucre, cela concernait l’amélioration des mélasses, la richesse en sucre des betteraves, l’amélioration de la défécation etc.

Mais d’autres aussi comme les bougies, la colle, le caoutchouc, les rasoirs, les tissages etc.
Ne s’occupant plus directement de la fabrique du sucre indigène, il eut une carrière politique. Il commanda une légion de la garde nationale en 1814, fut élu député durant les Cent jours et réélu en 1817. Il participa à la réorganisation de la France (armée, fiscalité, routes, canaux…).

Après Paris, il sera député de Saumur jusqu’en 1842. Il finira commandeur de la Légion d’honneur et sera aussi membre libre de l’Académie des sciences.
Avec le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, il créa la Caisse d’Epargne en 1818. Encourageant artistes et écrivains, musiciens, il collectionna une belle galerie de peintures et rédigea quelques ouvrages de pensée et de maximes comme « Le guide du bonheur » et « Les bons exemples ».

Mais plus que tout, c’est la bienfaisance qui sera une activité permanente.
Fondations de bienfaisances et sociétés philanthropiques.
Avec Pandolle, il s’occupa des soupes populaires dans les périodes de disette comme en 1810 en fabriquant sur le modèle original une « machine de Rumfort » pour la distribution de la « soupe » du même nom (une sorte de « roulante »comme à l’armée). De 20 000 rations distribuées au début, les deux amis en distribuèrent 1 500 000 en 1813.

Il fut aussi nommé au Conseil général des hospices et des prisons durant plus de 40 ans, en y améliorant le fonctionnement, l’humanisation et les locaux.
Il travailla à la propagation de la « vaccination ».
Il créa dans les hôpitaux la distribution de cadeaux du Jour de l’an et milita pour l’abolition de la peine de mort.

De toutes les actions et réalisations de sa vie, il voulut que ne soit mentionnée sur sa tombe que la création de la Caisse d’épargne.






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